- 1 "Ragion nell'alma siede" (Act I)
- 2 Vorrei spiegarvi, oh Dio, KV 418
- 3 "Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen" (Act II)
- 4 "L'ho perduta... me meschina !" (Act IV)
- 5 "Deh vieni, non tardar" (Act IV)
- 6 "Vanne. T'affretta... Ah se il crudel periglio" (Act II)
- 7 "Fra i pensier più funesti di morte" (Act III)
- 8 "Salamelica" (Act III)
- 9 "Venez, secondez mes désirs" (Act II)
- 10 "Odio, furor, dispetto" (Act II)
- 11 "Dell mio core il voto estremo" (Act II)
- 12 "Fra un dolce deliro" (Part I)
- 13 Récitatif : "Non, cet affreux devoir" (Act I, Scene 1)
- 14 "Ah ! Si la liberté me doit être ravie" (Act III)
- 15 "Tiger ! wetze nur die Klauen" (Act II)
- 16 "Le perfide Renaud... Quand le barbare" (Act V)
- 17 "Ah, non ferir : t'arresta"
À propos
(P) 2008 Deutsche Grammophon GmbH, Hamburg
Il mondo della luna (1777) : "Ragion nell'alma siede" (acte I)
Lo speziale (L'Apothicaire) (1768) : "Salamelica" (acte III)
Armida (1784) : "Odio, furor, dispetto" (acte II)
L'Anima del Filosofo (Orfeo ed Euridice) (1791) : "Dell mio core il voto estremo" (acte II)
L'isola disabitata (L'Île déserte) (1779) : "Fra un dolce deliro" (Première partie)
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Vorrei spiegarvi, oh Dio, KV 418, aria pour Il Curioso indiscreto de Pasquale Anfossi (1783)
Die Zauberflöte, KV 620 (1791) : "Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen" (acte II)
Le Nozze di Figaro (1786), KV 492
"L'ho perduta... me meschina !" (acte IV)
"Deh vieni, non tardar" (acte IV)
Lucio Silla, KV 135 (1772)
"Vanne. T'affretta... Ah se il crudel periglio" (acte II)
"Fra i pensier più funesti di morte" (acte III)
Zaide, KV 344 (1780) : "Tiger ! wetze nur die Klauen" (acte II)
Christoph Willibald von Gluck (1714-1787)
Armide (1777)
"Venez, secondez mes désirs" (acte II)
"Ah! Si la liberté me doit être ravie" (acte III)
"Le perfide Renaud ... Quand le barbare" (acte V)
Iphigénie en Tauride (1779) : Récitatif "Non, cet affreux devoir" (acte IV)
Bonus numérique
Franz Joseph Haydn
Armida : "Ah, non ferir : t'arresta"
Patricia Petibon, soprano
Concerto Köln
Daniel Harding
Barberine et Suzanne, Armide et Zaïde, Giunia et Iphigénie... Dans son premier album solo pour Deutsche Grammophon, la soprano Patricia Petibon a choisi d’incarner des personnages complexes – des femmes très différentes qui ont une chose en commun : elles sont amoureuses. L’éventail des émotions et des situations pourrait difficilement être plus grand, du premier émoi innocent jusqu’aux derniers feux de l’amour, en passant par la ruse, le désespoir, la rage et la haine. « Mon approche est dramaturgique, c’est-à-dire à la fois musicale, vocale et théâtrale », explique l’interprète. « Amoureuses présente différents personnages qui ne sont peut-être que les multiples facettes d’une seule femme. D’un côté, nous avons la Barberine des Noces de Figaro, d’une pureté presque angélique, de l’autre, la Reine de la nuit de la Flûte enchantée, une femme mûre qui a connu l’amour mais qui s’est fourvoyée et n’aime plus qu’elle-même et le pouvoir. »
Des émotions aussi contrastées exigent évidemment un traitement vocal qui dépasse le simple « beau chant ». Patricia Petibon fait appel aux moindres nuances de sa palette sans reculer devant les extrêmes et révèle d’innombrables couleurs vocales. « Si le texte requiert une expression mordante, dure ou même rauque, je règle mon chant en conséquence. Ce que je ne veux pas, c’est un chant homogène, une beauté lisse », explique-t-elle pour justifier son approche musicale. Cette sincérité artistique, elle la doit notamment à deux grands chefs d’orchestre. « Deux écoles m’ont beaucoup influencée, celle de Nikolaus Harnoncourt et celle de William Christie ; ces deux chefs m’ont appris à interpréter la musique de manière personnelle et à être dans la vérité avec moi-même et les autres. »
Patricia Petibon a réuni ici trois compositeurs – Haydn, Mozart et Gluck – et douze personnages. L’ambitus est large, qui permet à la chanteuse de brosser des portraits musicaux aussi variés que détaillés. Son programme met en évidence non seulement les particularités stylistiques des trois compositeurs, mais aussi les caractéristiques des divers genres, les données dramaturgiques, les différences de caractère et d’humeur entre les personnages, en même temps qu’il révèle les rapports musicaux d’un compositeur ou d’une œuvre à l’autre.
Avec cinq extraits d’opéras de Haydn, Patricia Petibon couvre le spectre des genres musico-théâtraux de l’époque : la comédie, l’opera seria et le genre mixte auquel appartient Il mondo della luna, basé sur un texte de Goldoni, dont la chanteuse interprète ici l’air de Flaminia, « Ragion nell’alma siede ». Dans l’air « Salamelica, Semprugna cara » tiré de Lo speziale, elle incarne un authentique personnage bouffe, Volpino (un rôle de travesti), qui, déguisé en Turc, espère obtenir la main de sa Grilletta adorée. Les enchaînements harmoniques singuliers et le caractère bouffon du texte confèrent à ce morceau une place exceptionnelle dans la production de Haydn, selon Patricia Petibon. Changement de tableau avec Euridice, dans « Del mio core il voto estremo » de L’anima del filosofo ossia Orfeo ed Euridice, et Silvia, dans « Fra un dolce deliro » de L’isola disabitata : l’une se meurt et chante son amour pour Orfeo ; l’autre, qui a grandi sur une île déserte, rencontre pour la première fois un homme, avec le délicieux trouble de l’âme que cela suppose.
Par deux fois, d’abord avec Haydn, puis avec Gluck, Patricia Petibon se glisse dans le rôle de la malheureuse magicienne Armide qui cherche à séduire le chevalier Renaud dont elle est amoureuse. Les multiples facettes du personnage en font un rôle de choix pour une interprète comme Patricia Petibon : « Armide a un charisme extrêmement fort, elle est à la fois dévorée par le feu de la passion et froide comme de la glace. L’amour qui l’anime ne doit pas faire oublier que c’est une magicienne : elle sait certes se montrer chaleureuse, mais sa manière d’aimer n’a rien d’humain. À cet égard, il est passionnant de voir comment Gluck différencie le traitement vocal : dans l’air « Ah ! Si la liberté me doit être ravie » la voix se fait suave tandis que dans « Le perfide Renaud me fuit » elle doit avoir dans son expression un tranchant redoutable. C’est le personnage mais aussi l’instrumentation qui l’exigent. Il faut mettre ici toute l’intensité, la détermination et l’emportement dont on est capable, car ce qui se passe est terrible : l’amour a été vaincu et le personnage sombre dans la folie. »
Judicieusement, Patricia Petibon ajoute une dimension temporelle à la cavatine de la jeune Barberine : juste après celle-ci, elle a placé le fameux « Deh vieni, non tardar
» de Suzanne, suggérant ainsi un possible passage de l’innocence à la ruse dans la carrière amoureuse de Barberine. D’une tout autre nature sont les airs de désespoir de Giunia, dans Lucio
Silla de Mozart, et de Zaïde, qui résiste farouchement aux avances du sultan. Pour l’accompagner dans ce kaléidoscope de personnages féminins, Patricia Petibon a trouvé deux partenaires
idéaux : le chef d’orchestre Daniel Harding et Concerto Köln. « Ce qui me fascine chez Daniel Harding, c’est que ce n’est pas seulement un musicien intelligent qui a une vision et qui est capable
de communiquer de grandes émotions, mais aussi quelqu’un avec qui on n’a pratiquement pas besoin de mots pour se comprendre. Durant les séances d’enregistrement, une symbiose s’est immédiatement
instaurée entre lui, l’orchestre et moi même. Un vrai bonheur ! »
Oliver Láng
Traduction : Jean-Claude Poyet
© Deutsche Grammophon (Tous droits réservés)
Texte reproduit avec l’aimable autorisation d'Universal Classics




