Artiste principal :
Olivier Greif
Genre : Classique
Disponible en
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Qualité Studio Masters (24 bits)
Qualité CD (Lossless 16 bits 44,1 kHz)
14,39 €
- 1 Allegro non troppo
- 2 Adagio. In memoriam Louise Clavius Marius
- 3 Toccata. Allegro
- 4 Introduction
- 5 Scherzo
- 6 Andante
- 7 Final
- 8 Petite cantate de chambre
- 9 Mouton
- 10 Gamme
- 11 Tristesse
- 12 Tourbillon
- 13 Vergiftet sind meine Lieder
- 14 Aus meinen grossen Schmerzen
- 15 Wenn zwei voneinander scheiden
- 16 Am Kreuzweg wird begraben
- 17 Mein süsses Lieb, wenn du im Grab
- 1 Le garçon (pur) comme l’or
- 2 Wagon plombé pour Auschwitz
- 3 Thrène des désincarnés
- 4 Un éblouissement de Sri Ramakrishna
- 5 Bomben auf Engelland
- 6 Allegro vivo
- 7 Raga. Andante
- 8 Once a lady was here
- 9 Night without sleep
- 10 Les Trottoirs de Paris
DISQUE 1
Sonate de guerre (Olivier Greif)
Violin Sonata No. 2
Petite cantate de chambre
Suite for piano
Wiener Konzert
DISQUE 2
Piano Sonata "Le Rêve du monde"
Bomben auf Engelland
Violin Sonata No. 3 "The Meeting of the Waters"
Hommage à Paul Bowles
Les Trottoirs de Paris
À propos
Strictement monographique, la présente publication du label INA Mémoire Vive réunit un choix d’archives sonores d’Olivier Greif, ici compositeur et interprète de ses œuvres. Une occasion idéale pour dresser, par des enregistrements réalisés entre 1962 et 1997, un portrait sans égal de l’œuvre d’un des créateurs les plus attachants de la seconde moitié du siècle dernier, disparu brutalement en 2000.
Inclus
1 Livret numérique
Détails de l'enregistrement original :
79:10 - 76:37 - ADD/DDD - Enregistrements entre 1968 et 1997 - Notes en français et anglais
Olivier Greif (1950-2000)
Sonate de guerre pour piano (1965-1975)
(Enregistré en 1978 à Paris)
Sonate n°2 pour violon et piano * (1967)
(Enregistré en 1968 à Paris)
Petite cantate de chambre pour soprano et deux pianos * (1977)
(Enregistré en 1977)
Suite pour piano * (1961)
Mouton - Gamme - Tristesse - Tourbillon
(Enregistré en 1962)
Wiener Konzert, cinq Lieder pour voix & piano d'après le Lyrisches Intermezzo de Heinrich Heine * (1974)
Vergiftet sind meine Lieder (Empoisonnés sont mes chants)
Aus meinen großen Schmerzen (De mes grandes douleurs)
Wenn zwei voneinander scheiden (Quand deux amants se quittent)
Am Kreuzweg wird begraben (Près du carrefour, on les enterre)
Mein süßes Lieb, wenn du im Grab (Mon doux amour, quand tu reposeras)
(Enregistré en 1974 à Paris)
Sonate pour piano "Le Rêve du monde" * (1993)
(Enregistré en 1993–5)
Bomben auf Engelland, air de concert pour soprano, saxophone & piano * (1974-1976)
(Enregistré en 1976 à Paris)
Sonate n° 3 pour violon et piano "The Meeting of the Waters" (1976/1993)
(Enregistré en 1993)
Hommage à Paul Bowles pour soprano, ténor & piano * (1994)
(Enregistré en 1994 à Paris)
Les Trottoirs de Paris pour soprano, ténor & piano * (1996)
(Enregistré en 1997 à Paris)
* Création mondiale
Olivier Greif, piano
Nell Froger, soprano (Wiener Konzert, Bomben auf Engelland)
Catherine Dubosc, soprano (Les Trottoirs de Paris)
Evelyn Brunner, soprano (Petite cantate de chambre)
Jo-Ann Pickens, soprano (Hommage à Paul Bowles)
Howard Haskin, ténor (Hommage à Paul Bowles)
Jean-Paul Fouchécourt, ténor (Les Trottoirs de Paris)
Ryo Noda, saxophone (Bomben auf Engelland)
Devy Erlih, violon (Sonate n°2 pour violon et piano)
Gottfried Schneider, violon (Sonate n°3 pour violon et piano)
Henri Barda, piano (Petite cantate de chambre)
Alors élève au Conservatoire de Paris en solfège spécialisé et premier cycle de piano, le jeune Olivier note le 23 mai 1962 : « Lors d’un “Concert consacré aux œuvres dédiées à Madame Lucette Descaves”, donné dans la salle de l’ancien Conservatoire, j’interprète une Suite de ma composition. » La restitution des quatre pièces (Mouton, Gamme, Tristesse, Tourbillon) est d’autant plus précieuse que le manuscrit en a disparu. C’est pourquoi, dans le catalogue des œuvres, elle apparaît, pour mémoire seulement, avant l’opus 1. Sonate pour violon et piano n° 2 (1967)
En quatre mouvements contrastés, elle vaut à Olivier un précoce 1er prix de composition au Conservatoire. À la fois personnelle et classique, elle couronne ses deux années d’études dans la classe de composition de Tony Aubin. L’éditeur Gilbert Leduc s’emballe : « Ce garçon est extraordinairement sympathique et semble porter la musique en lui. Sa Sonate […] est vraiment la pièce maîtresse de tout le dernier concours de la rue de Madrid », et publie l’œuvre aussitôt. Olivier en assure la création publique le 6 décembre 1968, salle Gaveau, en compagnie de Devy Erlih, le dédicataire. Unanimement élogieuse, la critique se fait même prophétique avec Claude Samuel qui s’écrie dans Paris-Presse l’Intransigeant : « Je vous conseille de retenir son nom : Olivier Greif ! » Sonate pour piano « De guerre » (1965-1975)
L’une des pages maîtresses de l’album, cet ambitieux poème pianistique d’une puissance redoutable a taraudé le jeune compositeur des années durant : « La Sonate de guerre reprend et développe un matériau musical venu de l’adolescence. […] Elle a été créée par mes soins en 1978 dans le cadre de l’Abbaye de Royaumont. La Sonate de guerre est – on s’en doute – un vigoureux plaidoyer en faveur de la paix. En décrivant l’épouvante de la guerre, j’ai essentiellement voulu dénoncer la barbarie des hommes et rendre hommage à ses victimes. » Se succèdent « trois étapes fondamentales du processus guerrier : le combat lui-même, la mort et sa déploration, enfin l’espoir et la victoire » qui résonne en une Toccata motorique s’achevant sur « l’unisson de toutes les voix du piano ». Wiener Konzert (1974)
D’après le Lyrisches Intermezzo de Heinrich Heine, le cycle a été créé le 24 avril 1974 à Paris, à l’École Normale de Musique, par Nell Froger, soprano, et l’auteur. « Le titre de l’œuvre [Concert viennois] indique de quel côté il convient de tourner les regards pour en apercevoir la paternité historique », résume laconiquement le compositeur. Alerté par d’excellents échos, Luciano Berio écrit à son ancien disciple : « Mon cher Olivier, j’aurais beaucoup aimé entendre ton Wiener Konzert. Peux-tu m’envoyer la musique ? » La durée réduite des trois premiers Lieder s’amplifie dans les deux derniers. Fantaisie expressionniste, l’ultime fait appel à la voix déclamée. Entre Vienne et Berlin, entre Mahler et Schoenberg, on songe ici au jeune Berg. Bomben auf Engelland (1974-1976)
L’« Air de concert » a été créé à Paris, le 13 décembre 1976, au Théâtre Essaïon par Nell Froger, soprano, Ryo Noda, saxophone, et l’auteur au piano. Celui-ci explique : « Le texte utilisé est celui d’une chanson qu’entonnaient les pilotes de la Luftwaffe avant de bombarder l’Angleterre. Le cynisme terrible du texte est tout entier contenu dans le jeu de mots du titre [Bomben auf England : Bombes sur l’Angleterre, et Bomben auf Engelland : Bombes sur le pays des anges]. L’œuvre est écrite en hommage à la mémoire de ceux du peuple juif qui moururent assassinés par les nazis lors de la dernière guerre. » Petite Cantate de chambre (1977)
Commande d’Antoine Livio pour la Radio Suisse romande, la Petite Cantate sur le Psaume 23 L’Éternel est mon berger, en langue anglaise, a fait l’objet d’une création radiophonique le soir du 24 décembre 1977, avec Evelyn Brunner, soprano, Henri Barda et Olivier Greif aux pianos. Sa formation de chambre inhabituelle, les redoutables difficultés vocales et pianistiques rendent l’œuvre délicate à programmer. En dépit des quelques imperfections de la présente source privée, l’interprétation des trois jeunes gens, soulevés par l’enthousiasme hymnique de cette action de grâces, reste un modèle. Sonate pour violon et piano n° 3 « The Meeting of the Waters » (1976/1993)
Radicalement différente de celle du prix de composition, la nouvelle sonate est fondée sur l’une des Irish Melodies du poète romantique irlandais Thomas Moore. En deux amples morceaux rhapsodiques, elle est créée à Paris, le 13 décembre 1976 au Théâtre Essaïon, par l’auteur avec Gaëtane Prouvost au violon. Cette Rencontre des eaux - quasi-amniotique - sera choisie par le créateur pour figurer dans le concert monographique qui marquera son retour officiel à la vie musicale, le 13 octobre 1993, en l’Académie nationale de Musique de Varsovie et, dans le même temps, sa « rencontre » avec ses origines polonaises. La version « légèrement remaniée » de cette oeuvre est ici donnée avec le violoniste Gottfried Schneider. « Le premier [mouvement], écrit Greif, est une forme Fantaisie aux vastes proportions. Succession rapide d’épisodes tourbillonnants et contrastés, il se présente comme une lutte entre l’ombre et la lumière, d’où émerge peu à peu une mélodie […], personnage central du mouvement qui semble sourdre du matériau même de l’œuvre, comme s’il surgissait des flots. […] Le second mouvement, Raga, s’inspire librement – et avec un humour distancié qui rend impossible tout exotisme – d’aspects de la musique indienne traditionnelle. L’idée de ce morceau m’a été donnée par les recherches que menaient à l’époque où je l’ai composé le guitariste John Mac Laughlin et son groupe Shakti. » Sonate pour piano « Le Rêve du monde » (1993)
Le concert de Varsovie s’ouvrait sur une page nouvelle au titre éloquent : Le Rêve du monde. Composé en mai 1993, destiné à son seul piano alter ego, le Rêve implicitement autobiographique du compositeur « renaissant » est ainsi advenu en Pologne. Ce retour à la musique coïncide avec une prise de conscience de l’importance dans sa vie du souvenir de la détention de son père à Auschwitz. La représentation de la guerre devient très sombre et tient une place centrale dans tout le reste de son œuvre. Plusieurs motifs obsessionnels du Wagon plombé pour Auschwitz, « allusion directe à l’Holocauste » où « le peuple juif est personnalisé par un chant synagogal », seront repris et dilatés dans L’Office des naufragés (1997-2000), œuvre-monde s’il en est. Autrefois peu disert sur ses œuvres, le compositeur s’est dorénavant expliqué à leur sujet, comme s’il craignait de perdre la parole musicale retrouvée : « En dépit des énormes contrastes (psychologiques, stylistiques, culturels) qui existent entre les quatre pièces qui la composent, l’œuvre a bien été conçue comme un cycle. […] Le Rêve du monde peut être pris dans le sens que donne Calderón de la Barca à son La Vie est un rêve : le monde qui nous entoure en tant que songe, illusion, maya. Il peut aussi être entendu dans le sens où c’est le monde lui-même qui rêve. Enfin, il peut être compris dans le sens où le monde – et nous, par conséquent – est le rêve d’un Autre. On rejoint ici la vision de certains maîtres de l’Inde lorsqu’ils déclarent : ‘Le monde est le rêve de Dieu’. » Troisième volet, Le Thrène des désincarnés a été composé le 13 mai 1993, le compositeur mourra le 13 mai 2000. Hommage à Paul Bowles (1994)
Ces deux mélodies sont l’écot d’Olivier Greif, fin connaisseur de la culture anglo-américaine, à l’anniversaire de l’écrivain américain Paul Bowles (1910-1999), célébré en sa présence le 10 mai 1994 à Paris au Théâtre du Rond-Point. « Avant de s’adonner à la littérature avec le succès que l’on sait, P. Bowles a commencé une carrière de compositeur qu’il a poursuivie (parallèlement à ses activités d’écrivain) jusqu’au début des années 60. […] J’accompagnerai des chanteurs noirs américains (une soprano et un ténor) dans vingt mélodies de P. Bowles, plus deux de ma plume. […] Ce sont des petites choses qui ne tirent pas à conséquence, mais dans leur genre, elles sont tout à fait réussies. » Les Trottoirs de Paris (1996)
Ce duo a été révélé par Catherine Dubosc, soprano, Jean-Paul Fouchécourt, ténor, et le compositeur au piano, le 11 janvier 1997 à Paris, en la salle de l’ancien Conservatoire, au cours d’un concert intitulé « Paris en chantant ». Sur un texte d’Yves Petit de Voize, la mélodie « semble jaillir peu à peu des profondeurs de la nuit. Au terme d’un crescendo inexorable, elle y retournera, se diluant dans un silence interrogatif et désespéré ».
Brigitte François-Sappey
© INA Mémoire vive 2010 – Reproduction interdite
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