Ludwig van Beethoven Tennstedt - Beethoven: Symphony No. 9, Choral
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  1. 1 Symphony No. 9 in D minor, Op. 125, "Choral": I. Allegro ma non troppo, un poco maestoso , Contributor - Gwynne Howell, bass - London Philharmonic Choir, Choir - Klaus Tennstedt, Conductor - London Philharmonic Orchestra, Orchestra - Robert Tear, tenor - Alfreda Hodgson, contralto
  2. 2 Symphony No. 9 in D minor, Op. 125, "Choral": II. Molto vivace , Contributor - Gwynne Howell, bass - London Philharmonic Choir, Choir - Klaus Tennstedt, Conductor - Robert Tear, tenor - Alfreda Hodgson, contralto - London Philharmonic Orchestra, Orchestra
  3. 3 Symphony No. 9 in D minor, Op. 125, "Choral": III. Adagio molto e cantabile , Contributor - Robert Tear, tenor - Alfreda Hodgson, contralto - Gwynne Howell, bass - London Philharmonic Choir, Choir - Klaus Tennstedt, Conductor - London Philharmonic Orchestra, Orchestra
  4. 4 Symphony No. 9 in D minor, Op. 125, "Choral": IV. Finale: Presto - Allegro assai - , Contributor - Robert Tear, tenor - Alfreda Hodgson, contralto - London Philharmonic Choir, Choir - Klaus Tennstedt, Conductor - London Philharmonic Orchestra, Orchestra - Gwynne Howell, bass
  5. 5 Symphony No. 9 in D minor, Op. 125, "Choral": IV. Recitativo: O Freunde, nicht diese Tone - Allegro assai , Contributor - Gwynne Howell, bass - Robert Tear, tenor - London Philharmonic Choir, Choir - Alfreda Hodgson, contralto - London Philharmonic Orchestra, Orchestra - Klaus Tennstedt, Conductor

À propos

Symphonie n°9, op.125 "avec chœur" / Mari Anne Häggander, soprano - Alfreda Hodgson, contralto - Robert Tear, ténor - Gwynne Howell, basse - London Philharmonic Choir & Orchestra, dir. Klaus Tennstedt
Détails de l'enregistrement original : 68:24 - ADD Stéréo - Enregistré en concert au Royal Albert Hall à Londres le 13 septembre 1985 - Notes en français, anglais, allemand
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Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Symphonie n° 9 en ré mineur, op. 125, avec un chœur final sur l'"Ode à la joie" (An die Freude) de Friedrich von Schiller Mari Anne Häggander, soprano
Alfreda Hodgson, contralto
Robert Tear, ténor
Gwynne Howell, basse
London Philharmonic Choir & Orchestra
Direction Klaus Tennstedt (1926-1998)
La carrière internationale du chef allemand Klaus Tennstedt – quelque peu méconnu bien qu'il fut, pourtant, directeur musical du London Symphony pendant des années – débuta assez tard, vers 1975 — trois, quatre ans après avoir quitté l'Allemagne de l'Est (son pays d'origine) —, quand il fit irruption sur la scène de Boston en 1974 ; et dès lors, le chef donna vraiment l’impression de mettre les bouchées doubles.
    Voilà un enregistrement d'autant plus précieux que c'est le seul que nous possédions de la Neuvième de Beethoven par Tennstedt (La seule symphonie qu'il ait enregistrée est la Troisième, chez EMI).
    Sa conception de la Neuvième est explosive, intense, grandiose, majestueuse, d'un grand souffle, poignante aussi, mais toujours d'une grande lisibilité. Le premier mouvement, l’une des pages les plus complexes que Beethoven ait écrites – absence de véritable thème, développement insensé, contrastes violentissimes –, est ici donné comme ce qu’il est : une pièce d’avant-garde, d’une superbe modernité. Naturellement, le dernier mouvement se passe de toute présentation. Certains esprits chagrins n’aiment pas trop, estimant que c’est un peu un fourre-tout : peut-être, mais quelle fabuleuse caverne d’Ali Baba ! De toute façon, ce mouvement ne représente que le quart de la symphonie qui, par ailleurs, est indiscutablement splendide.
    Le London Symphony Orchestra et son chœur sont dans une forme éblouissante, le quatuor vocal excellent, et la direction très personnelle et fortement expressive de Tennstedt vaut la peine d'être entendue. Montée d'adrénaline assurée !
Klaus Tennstedt
Une vision personnelle puissante et immédiate
David Patmore

    « “Il m’en faut plus !” criait-il. Et il l’obtenait. »
C’est ainsi que John Willan, responsable des enregistrements de Klaus Tennstedt chez EMI de 1977 à 1985 et ensuite directeur général du London Philharmonic Orchestra, décrivait l’attitude exigeante du chef face aux musiciens d’orchestre. Et c’est cette quête constante des formes d’expression musicale les plus intenses qui donnait aux interprétations de Tennstedt autant de caractère et qui, au cours de sa trop brève carrière internationale, valut à son nom d’être prononcé dans le même souffle que ceux d’aussi illustres prédécesseurs que Wilhelm Furtwängler ou Bruno Walter.


Sa carrière

    Klaus Tennstedt naît en 1926 à Merseburg, petite bourgade située entre Halle et Leipzig, dans la province allemande de Saxe. Son père, Hermann, chef d’attaque des seconds violons dans l’orchestre du Théâtre municipal de Halle, fait découvrir à son fils le violon et le monde de la musique symphonique grâce à des enregistrements de Stokowski à la tête du Philadelphia Orchestra dans Brahms – expérience dont Tennstedt se souviendra ensuite avec gratitude lorsqu’il dirigera lui-même cet orchestre. Il étudie le violon et le piano au Conservatoire de Leipzig et, en 1948, devient premier violon de l’orchestre où son père avait joué. C’est cette expérience de musicien d’orchestre, dira-t-il par la suite, qui lui permettra de si bien lire la pensée des musiciens avec qui il travaillera.

    Des problèmes avec sa main gauche l’obligent à renoncer au violon ; il se tourne alors vers le piano et la direction, faisant ses débuts de chef, comme le veut la tradition, semble-t-il, en remplaçant un collègue souffrant, pour diriger en l’occurrence une représentation de l’opéra Der Günstling de Wagner-Régeny en 1953. Après ce succès, il gravit progressivement les échelons de la direction en Allemagne de l’Est, occupant successivement différentes fonctions dans les théâtres d’opéra locaux : d’abord chef à l’opéra de Karl-Marx-Stadt (aujourd’hui Chemnitz) de 1954 à 1957, puis directeur général de la musique au Landesoper de Dresde de 1958 à 1962 et du Théâtre d’État du Mecklembourg à Schwerin de 1962 à 1971. Au milieu des années soixante, il se met à diriger régulièrement le Philharmonique de Dresde et l’Orchestre d’État du Mecklembourg dans le répertoire symphonique. En mars 1971, lui et son épouse, Ingeborg, quittent l’Allemagne de l’Est pour la Suède ; il dirige alors à Göteborg, ainsi qu’à Kiel, ville portuaire du nord de l’Allemagne. Peu de temps après, il est nommé directeur général de la musique de l’Opéra de Kiel et de l’Orchestre Philharmonique qui lui est associé, et, de 1972 à 1976, il y dirigera un large répertoire lyrique et symphonique. À cette époque, il se produit également à l’Opéra d’État de Bavière et au Deutsche Oper de Berlin.

    Tennstedt fait une percée internationale en mai 1974, lorsqu’il est invité à remplacer Karel Ancerl, souffrant, par le directeur du Toronto Symphony Orchestra, Walter Homburger, qui l’a entendu diriger la Septième Symphonie de Bruckner à Kiel l’année précédente. Fort des excellentes critiques qui en résultent, il est invité à diriger le Boston Symphony Orchestra en décembre 1974, pour deux séries de concerts avec des œuvres de Brahms et de Bruckner. La réaction de la critique est enthousiaste : « Une fois dans une vie ! », titre l’un des journaux, traduisant le sentiment de beaucoup d’auditeurs. Tennstedt est aussitôt placé sous contrat par Columbia Artists et, à l’âge relativement tardif de quarante-huit ans, sa carrière internationale est vraiment lancée (elle ne durera pas plus de vingt ans). Il dirige désormais régulièrement tous les grands orchestres symphoniques américains.
    La même chose se reproduit en Europe, où il est aussitôt engagé par tous les grands orchestres – Berlin, Vienne, Paris, Amsterdam – après des débuts triomphaux à la tête du London Symphony Orchestra en 1976. Puis, en 1979, il est nommé chef principal de l’Orchestre de la Radio nord-allemande à Hambourg ainsi que premier chef invité du Minnesota Orchestra. En 1983, succédant à Sir Georg Solti, il devient directeur musical du London Philharmonic Orchestra, après en avoir été premier chef invité.
    Un calendrier éprouvant de concerts et d’enregistrements, deux opérations de la hanche et des habitudes de fumeur invétéré – une cigarette toutes les dix minutes – finissent néanmoins par faire des ravages. En décembre 1985, on diagnostique un cancer de la gorge. Après traitement, il revient au pupitre en mars 1986 avec une lecture ardente de la Sixième Symphonie de Mahler, à la tête du London Philharmonic Orchestra, mais sa santé est gravement compromise. Les annulations se succèdent et, après s’être effondré lors d’une répétition avec le LPO en 1987, il démissionne de son poste permanent auprès de l’orchestre. Il continue de diriger, essentiellement en Angleterre et en Amérique, et garde des liens avec le LPO en tant que « chef honoraire » ; mais dès le milieu de 1992, sa carrière est en fait terminée. Il fait sa dernière apparition en 1994 lorsque, s’étant vu décerner un doctorat de musique honoraire par l’Université d’Oxford, il dirige, pour une répétition de l’Orchestre de l’université, au Sheldonian Theatre, l’ouverture de Oberon de Weber, l’un des classiques du romantisme allemand. Klaus Tennstedt meurt en janvier 1998.


Sa conception musicale

    « Tennstedt cherchait constamment à obtenir une grande intensité d’expression des musiciens avec qui il travaillait, d’où ses continuelles demandes de « plus ! ». Il se donnait certainement lui-même sans réserve. L’extraordinaire intensité physique de ses gestes de chef, combinée à sa grande taille et à son corps mince, pouvait, dans les moments cruciaux, surtout avant qu’il ne soit opéré, donner l’impression d’un oiseau devenu fou. Il était plus soucieux d’expressivité – « d’une intensité comme s’il n’y avait pas de lendemain », pour citer un critique sagace – que d’exactitude instrumentale, et sa battue était parfois plus suggestive que précise. À sa constante quête d’intensité s’ajoutait une préférence pour les nuances et les tempi extrêmes, qui donnaient souvent à ses lectures un caractère épique. Il essayait toujours de trouver un juste équilibre entre la densité symphonique et la chaleur lyrique, surtout dans la musique romantique. De même, les voix, qu’il s’agisse de solistes, d’un chœur, ou des deux, faisaient pour lui partie de la texture instrumentale. Ces caractéristiques s’alliaient à une quête d’instantanéité dans l’interprétation. Interrogé en 1993, alors que sa carrière, il est vrai, était dans une passe difficile, il disait à propos de sa direction de Mahler : « Je vis maintenant. Nous sommes aujourd’hui ! Je dois chercher à interpréter Mahler pour notre temps. »
    La ligne du phrasé et l’immédiateté de l’interprétation étant toujours ses priorités, il préférait enregistrer en longues prises ou, vers la fin de sa carrière, en concert. Si bien qu’il avait la faculté, comme ses grands prédécesseurs au pupitre, de convaincre les auditeurs que la musique ne pouvait sonner autrement. Peter Alward, directeur artistique d’EMI, le label pour lequel Tennstedt enregistra, décrivit autrement ce sentiment : « Ceux qui, chez EMI, ont eu la chance de travailler avec lui, avaient l’impression d’être en présence d'un lien de transmission tout naturel reliant compositeur et public.» C’était avant tout un chef doué d’une vision personnelle puissante et immédiate de la musique qu’il dirigeait.


La Neuvième Symphonie

    Le public chaleureux des Henry Wood Promenade Concerts, donnés chaque année sous les auspices de la BBC au Royal Albert Hall, était particulièrement apprécié de Tennstedt. Même lorsque sa santé était devenue précaire, il revint à Londres diriger aux Proms. Cette interprétation de la Neuvième Symphonie de Beethoven fut donnée le 3 septembre 1985, juste avant qu’on ne diagnostique son cancer.
    Dans un cadre interprétatif général qui s’inscrit au cœur de la tradition romantique allemande de la fin du XIXe siècle, Tennstedt investit chaque mouvement de cette très grande œuvre d’un caractère extraordinaire. Le premier mouvement possède une énergie fondamentale, et le scherzo démoniaque est animé d’un vif élan. Dans l’Adagio, le London Philharmonic Orchestra atteint des sommets sous la baguette de son chef principal, « même si la structure dynamique semblait parfois empruntée à l’autre extrémité du XIXe siècle », pour citer ce qu’écrivait le critique Richard Morrison dans "The Times", le lendemain. Le dernier mouvement, avec les voix, est attaqué avec vigueur ; le chef conduit irrésistiblement ses effectifs vers l’avant et les mène vers un sommet jubilatoire.
    Cette interprétation de caractère grandiose et parfois imprévisible illustre éloquemment les priorités que Tennstedt se donnait en concert. Après avoir entendu une interprétation comme celle-ci, les regrets que peut susciter sa carrière internationale relativement brève sont compensés par la gratitude qu’on éprouve en découvrant ces lectures visionnaires qui ont survécu grâce à la radio et à l’enregistrement.

David Patmore
Traduction Dennis Collins
© BBC / IMG Artists 2003 – Reproduction interdite

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