Genre : Classique > Mélodies & Lieder
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Qualité Studio Masters (24 bits)
Qualité CD (Lossless 16 bits 44,1 kHz)
11,99 €
- 1 Le Soir
- 2 Quando lo miro
- 3 Ange et Mortel
- 4 Prends patience
- 5 Splende nel ciel
- 6 Pour toi
- 7 Si j'étais petit oiseau
- 8 Près de la mer
- 9 Ecco quel fiero istante
- 10 La Serenata
- 11 Il soldato
- 12 T'intendo sì mio cor con tanto
- 13 Le Chalumeau
- 14 Vieni diletta, che giunta
- 15 Il giglio
- 16 La Galopomanie
Le Soir (Ambroise Thomas)
Quando lo miro (Giovanni Pacini)
Ange et Mortel (Ambroise Thomas)
Prends patience (Fabio Campana)
Splende nel ciel (Angelo Mariani)
Pour toi (Fabio Campana)
Si j'étais petit oiseau (Jacques Offenbach)
Près de la mer (Fabio Campana)
Ecco quel fiero istante (Saverio Mercadante)
La Serenata (Ambroise Thomas)
Il soldato (Giovanni Pacini)
T'intendo sì mio cor con tanto (Gaetano Donizetti)
Le Chalumeau (Antoine Elwart)
Vieni diletta, che giunta (Pietro Coppola)
Il giglio (Angelo Mariani)
La Galopomanie (Amédée de Beauplan)
À propos
Œuvres de Thomas, Pacini, Campana, Mariani, Offenbach, De Beauplan, Donizetti, Mercadante / B. Ford, D. Montague, B. Banks, M. Cullagh, E. Vidal, M. Stone, S. Bundgaard, P. Austin Kelly... - S. Beer, violoncelle - R. Simpson, hautbois - D. Harper, piano
Inclus
1 Livret numérique
Détails de l'enregistrement original :
68:02 - DDD - Enregistré en mars 2005 en l'église Saint Clément avec St Barnabé et St Matthieu à Londres - Très beau livret de 66 pages avec notes en anglais dont une partie traduite en français & allemand, avec textes chantés donnés dans la langue chantée avec traduction anglaise
Ambroise Thomas (1811-1896)
Le Soir (Paroles de Michel Carré)
(Bruce Ford)
Ange et Mortel, nocturne (Paroles de Marc Constantin)
(Bruce Ford & Diana Montague)
La Serenata, romance
(Elizabeth Vidal)
Giovanni Pacini (1796-1867)
Quando lo miro
(Majella Cullagh)
Il soldato (Paroles de Cavre, De Ferrariis)
(Mark Stone)
Fabio Campana (1819-1882)
Prends patience (Paroles de F. Rizzelli - Traduction française de D. Tagliafico)
(Diana Montague)
Pour toi (Paroles de F. Rizzelli - Traduction française de D. Tagliafico)
(Bruce Ford)
Près de la mer (Traduction française de D. Tagliafico)
(Diana Montague, Mark Stone)
Angelo Mariani (1821-1873)
Splende nel ciel (Paroles de Giovanni Pennacchi)
(Majella Cullagh, Mark Stone, Bruce Ford)
Il giglio
(Majella Cullagh)
Jacques Offenbach (1819-1880)
Si j'étais petit oiseau (Paroles de Jousselin)
(Elizabeth Vidal, avec Susie Beer)
Saverio Mercadante (1795-1870)
Ecco quel fiero istante (Paroles de Pietro Metastasio)
(Sine Bundgaard, Bruce Ford, Diana Montague, Roland Wood)
Gaetano Donizetti (1797-1848)
T'intendo sì mio cor con tanto (Paroles de Pietro Metastasio)
(Diana Montague - Sine Bundgaard)
Antoine-Elie Elwart (1808-1877)
Le Chalumeau
(Elizabeth Vidal, avec Richard Simpson)
Pietro Antonio Coppola (1793-1877)
Vieni diletta, che giunta
(Barry Banks)
Amédée de Beauplan (1790-1853)
La Galopomanie
(Elizabeth Vidal, Diana Montague, Majella Cullagh, Bruce Ford, Paul Austin Kelly, Mark Stone)
Majella Cullagh, soprano
Elizabeth Vidal, soprano
Sine Bundgaard, soprano
Diana Montague, mezzo-soprano
Bruce Ford, ténor
Barry Banks, ténor
Paul Austin Kelly, ténor
Mark Stone, baryton
Roland Wood, baryton
David Harper, piano
Susie Beer, violoncelle
Richard Simpson, hautbois
Le Soir (Paroles de Michel Carré)
(Bruce Ford)
Ange et Mortel, nocturne (Paroles de Marc Constantin)
(Bruce Ford & Diana Montague)
La Serenata, romance
(Elizabeth Vidal)
Giovanni Pacini (1796-1867)
Quando lo miro
(Majella Cullagh)
Il soldato (Paroles de Cavre, De Ferrariis)
(Mark Stone)
Fabio Campana (1819-1882)
Prends patience (Paroles de F. Rizzelli - Traduction française de D. Tagliafico)
(Diana Montague)
Pour toi (Paroles de F. Rizzelli - Traduction française de D. Tagliafico)
(Bruce Ford)
Près de la mer (Traduction française de D. Tagliafico)
(Diana Montague, Mark Stone)
Angelo Mariani (1821-1873)
Splende nel ciel (Paroles de Giovanni Pennacchi)
(Majella Cullagh, Mark Stone, Bruce Ford)
Il giglio
(Majella Cullagh)
Jacques Offenbach (1819-1880)
Si j'étais petit oiseau (Paroles de Jousselin)
(Elizabeth Vidal, avec Susie Beer)
Saverio Mercadante (1795-1870)
Ecco quel fiero istante (Paroles de Pietro Metastasio)
(Sine Bundgaard, Bruce Ford, Diana Montague, Roland Wood)
Gaetano Donizetti (1797-1848)
T'intendo sì mio cor con tanto (Paroles de Pietro Metastasio)
(Diana Montague - Sine Bundgaard)
Antoine-Elie Elwart (1808-1877)
Le Chalumeau
(Elizabeth Vidal, avec Richard Simpson)
Pietro Antonio Coppola (1793-1877)
Vieni diletta, che giunta
(Barry Banks)
Amédée de Beauplan (1790-1853)
La Galopomanie
(Elizabeth Vidal, Diana Montague, Majella Cullagh, Bruce Ford, Paul Austin Kelly, Mark Stone)
Majella Cullagh, soprano
Elizabeth Vidal, soprano
Sine Bundgaard, soprano
Diana Montague, mezzo-soprano
Bruce Ford, ténor
Barry Banks, ténor
Paul Austin Kelly, ténor
Mark Stone, baryton
Roland Wood, baryton
David Harper, piano
Susie Beer, violoncelle
Richard Simpson, hautbois
Si le 19e siècle a vu l’éclosion de nombreux révolutionnaires musicaux – Beethoven et Wagner aux deux extrêmes du siècle –, il a également vu fleurir une armada de traditionalistes, en particulier
dans le milieu de l’opéra où, pour un Tristan et Isolde, il se trouvait dix mille La sposa fedele et autant de Amleto parfaitement rétrogrades. Les mêmes compositeurs qui
fabriquaient de telles œuvres au kilomètre fabriquaient également de nombreux airs de salon, romances à l’eau de rose, chants d’amour sucrés, chansonnettes hilarantes, bluettes fadasses ; cela dit,
tout n’était pas mauvais dans ce fatras et il arrivait également aux meilleurs musiciens de se lancer sur ce juteux marché.
Ainsi, se trouvent ici réunis dans ce même langage facile (l’essence même de la bonne bourgeoisie qui s’amuse) des compositeurs parfaitement inconnus aux côtés de Ambroise Thomas, Pacini, Offenbach ou Donizetti, dont voici quelques petites perles, chantées à merveille par une excellente brochette de stars – dont la délicieuse Elisabeth Vidal –. Mais on trouvera aussi quelques fabuleux nanars, comme cette inénarrable La galopomanie d’Amédée de Beauplan qui ne se prend pas trop au sérieux, et il a bien raison ! Personnage assez peu connu, c’est le moins que l’on puisse dire, et pourtant, tous les amateurs d’opéra ont déjà entendu son « Dormez, mes chères amours » dans… Eugène Onéguine, car l’air a été repris dans les couplets de Triquet !
Ainsi, se trouvent ici réunis dans ce même langage facile (l’essence même de la bonne bourgeoisie qui s’amuse) des compositeurs parfaitement inconnus aux côtés de Ambroise Thomas, Pacini, Offenbach ou Donizetti, dont voici quelques petites perles, chantées à merveille par une excellente brochette de stars – dont la délicieuse Elisabeth Vidal –. Mais on trouvera aussi quelques fabuleux nanars, comme cette inénarrable La galopomanie d’Amédée de Beauplan qui ne se prend pas trop au sérieux, et il a bien raison ! Personnage assez peu connu, c’est le moins que l’on puisse dire, et pourtant, tous les amateurs d’opéra ont déjà entendu son « Dormez, mes chères amours » dans… Eugène Onéguine, car l’air a été repris dans les couplets de Triquet !
La SerenataPatrick O'Connor
Le XIXe siècle, qui a vu naître d'innombrables innovations, inventions, découvertes et constructions, a également connu de nombreux conflits politiques sans précédent. L'Europe et, plus tard, l'Amérique ont été déchirées par de nombreuses guerres, révolutions et insurrections ; elles en ont subi ensuite les cruelles répercussions. Avec le prodigieux essor des villes, la maladie touche toutes les strates de la société. La tuberculose, la syphilis et la typhoïde représentent une menace constante. La mortalité infantile augmente d'année en année et, suite à l'expansion coloniale et la rapidité accrue des transports, les maladies tropicales comme le paludisme et la lèpre contribuent au climat de peur et d'insécurité. D'où l'engouement pour la littérature romantique, la peinture et la musique en guise de distraction. Lorsqu'on ne se pâme pas sur la poésie amoureuse, on cherche une échappatoire dans la danse. Partout en Europe et en Amérique du Nord, les dernières romances et ballades font la fortune des imprimeurs et, la valse ayant atteint des sommets de popularité, la plus grande salle de bal de Vienne accueille jusqu'à huit mille danseurs chaque soir. Tous les grands compositeurs, y compris Beethoven et Wagner, tirent parti de cette mode à un moment ou à un autre. Une chanson sentimentale, dédiée le cas échéant à quelque interprète célèbre, ou l'arrangement d'un air ou de l'ouverture du dernier opéra, risquent fort d'avoir la faveur du public. Dès la création d'une œuvre musicale dramatique, on se précipite pour transposer les airs à succès de chacun des actes en autant de valses, quadrilles et galops. Les compositeurs représentés sur ce CD viennent tous d'horizons différents – de l'opéra, au théâtre musical et à la musique sacrée. Chacun d'entre eux a pourtant compris la nécessité de composer des pages capables de toucher le cœur du plus grand nombre. Ainsi, Ambroise Thomas, qui doit son succès à des opéras inspirés de Gœthe (Mignon) et de Shakespeare (Hamlet), est tout prêt, par ailleurs, à composer de petites merveilles comme la sérénade qui donne son titre à ce disque. De même, Donizetti, Pacini, Offenbach et Campana n'hésitent pas à adapter leur style à la mode du moment. Du plus grand au plus modeste salon, la pratique musicale amateur nourrit la passion de tous les amoureux. Le théâtre comme le roman rejouent mille fois la scène du jeune homme penché sur l'épaule de sa bien-aimée et en train de tourner les pages, dans un silence admirateur, pendant qu'elle chante au piano. Les paroles peuvent servir de messages secrets entre la personne qui joue et celle qui l'écoute. La communication par la musique est un thème cher à Marcel Proust dans Un Amour de Swann, où est évoquée la passion du héros pour Odette de Crécy. Odette conserve sur son piano les partitions qui accompagnent leur histoire d'amour, non seulement la sonate de Vinteuil, mais la « Valse des rosés » et « Pauvre fou » - qui, selon ses dernières volontés, devra être jouée à ses funérailles. Cette atmosphère lourde de sensualité a fait l'objet de nombreuses parodies. Dans les années 1890, elle a inspiré, par exemple, à Oscar Wilde quelques-unes des meilleures répliques de L'Importance d'être constant. Durant les préparatifs de la soirée que va donner Lady Bracknell le samedi suivant, son neveu Algernon lui explique que si la musique est bonne, personne n'écoutera et si elle est mauvaise, tout le monde se taira. « Tante Augusta » se préoccupa plus des paroles que de la musique. La chanson française, selon elle, est à exclure car les gens semblent toujours y trouver des inconvenances – soit qu’ils trahissent leur vulgarité en prenant l’air choqué, soit qu’ils pouffent de rire, ce qui n’est pas mieux. Les thèmes choisis par les compositeurs de la seconde moitié du XIXe siècle sont d'une extrême diversité : tout ou presque est prétexte à chanson. La bibliothèque musicale des grands de ce monde comme le grenier de milliers de foyers modestes recèlent un immense patrimoine d’airs largement tombés dans l’oubli. Il suffit de faire abstraction de la sensibilité moderne – réfractaire au sentimentalisme – pour pouvoir de nouveau apprécier tout le charme de ces petits chefs-d’œuvre chantant l'amour, le désir et la douleur de la séparation.
Le XIXe siècle, qui a vu naître d'innombrables innovations, inventions, découvertes et constructions, a également connu de nombreux conflits politiques sans précédent. L'Europe et, plus tard, l'Amérique ont été déchirées par de nombreuses guerres, révolutions et insurrections ; elles en ont subi ensuite les cruelles répercussions. Avec le prodigieux essor des villes, la maladie touche toutes les strates de la société. La tuberculose, la syphilis et la typhoïde représentent une menace constante. La mortalité infantile augmente d'année en année et, suite à l'expansion coloniale et la rapidité accrue des transports, les maladies tropicales comme le paludisme et la lèpre contribuent au climat de peur et d'insécurité. D'où l'engouement pour la littérature romantique, la peinture et la musique en guise de distraction. Lorsqu'on ne se pâme pas sur la poésie amoureuse, on cherche une échappatoire dans la danse. Partout en Europe et en Amérique du Nord, les dernières romances et ballades font la fortune des imprimeurs et, la valse ayant atteint des sommets de popularité, la plus grande salle de bal de Vienne accueille jusqu'à huit mille danseurs chaque soir. Tous les grands compositeurs, y compris Beethoven et Wagner, tirent parti de cette mode à un moment ou à un autre. Une chanson sentimentale, dédiée le cas échéant à quelque interprète célèbre, ou l'arrangement d'un air ou de l'ouverture du dernier opéra, risquent fort d'avoir la faveur du public. Dès la création d'une œuvre musicale dramatique, on se précipite pour transposer les airs à succès de chacun des actes en autant de valses, quadrilles et galops. Les compositeurs représentés sur ce CD viennent tous d'horizons différents – de l'opéra, au théâtre musical et à la musique sacrée. Chacun d'entre eux a pourtant compris la nécessité de composer des pages capables de toucher le cœur du plus grand nombre. Ainsi, Ambroise Thomas, qui doit son succès à des opéras inspirés de Gœthe (Mignon) et de Shakespeare (Hamlet), est tout prêt, par ailleurs, à composer de petites merveilles comme la sérénade qui donne son titre à ce disque. De même, Donizetti, Pacini, Offenbach et Campana n'hésitent pas à adapter leur style à la mode du moment. Du plus grand au plus modeste salon, la pratique musicale amateur nourrit la passion de tous les amoureux. Le théâtre comme le roman rejouent mille fois la scène du jeune homme penché sur l'épaule de sa bien-aimée et en train de tourner les pages, dans un silence admirateur, pendant qu'elle chante au piano. Les paroles peuvent servir de messages secrets entre la personne qui joue et celle qui l'écoute. La communication par la musique est un thème cher à Marcel Proust dans Un Amour de Swann, où est évoquée la passion du héros pour Odette de Crécy. Odette conserve sur son piano les partitions qui accompagnent leur histoire d'amour, non seulement la sonate de Vinteuil, mais la « Valse des rosés » et « Pauvre fou » - qui, selon ses dernières volontés, devra être jouée à ses funérailles. Cette atmosphère lourde de sensualité a fait l'objet de nombreuses parodies. Dans les années 1890, elle a inspiré, par exemple, à Oscar Wilde quelques-unes des meilleures répliques de L'Importance d'être constant. Durant les préparatifs de la soirée que va donner Lady Bracknell le samedi suivant, son neveu Algernon lui explique que si la musique est bonne, personne n'écoutera et si elle est mauvaise, tout le monde se taira. « Tante Augusta » se préoccupa plus des paroles que de la musique. La chanson française, selon elle, est à exclure car les gens semblent toujours y trouver des inconvenances – soit qu’ils trahissent leur vulgarité en prenant l’air choqué, soit qu’ils pouffent de rire, ce qui n’est pas mieux. Les thèmes choisis par les compositeurs de la seconde moitié du XIXe siècle sont d'une extrême diversité : tout ou presque est prétexte à chanson. La bibliothèque musicale des grands de ce monde comme le grenier de milliers de foyers modestes recèlent un immense patrimoine d’airs largement tombés dans l’oubli. Il suffit de faire abstraction de la sensibilité moderne – réfractaire au sentimentalisme – pour pouvoir de nouveau apprécier tout le charme de ces petits chefs-d’œuvre chantant l'amour, le désir et la douleur de la séparation.
Patrick O'Connor (2007)
Traduction : Mireille Ribière
© Opera Rara 2007 – Reproduction interdite
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