Artiste principal :
Henri Ledroit
Genre : Classique > Mélodies & Lieder
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Qualité Studio Masters (24 bits)
Qualité CD (Lossless 16 bits 44,1 kHz)
11,99 €
- 1 Disperati, ch'aspetti più ?
- 2 A chi, lasso credero ?
- 3 Hor guardate come và la fortuna
- 4 Anime, voi che siete dalle furie
- 5 Qual dolor, qual martire (Aria)
- 6 Son arcieri troppo fieri (Aria)
- 7 Bella luce d'amor (Madrigal)
- 8 Bella donna mia nemica (Scherzo)
- 9 Perche due baci (Madrigal)
- 10 Pur si ruppe il fero laccio (Scherzo)
- 11 Io parto, Ahi ! Dura voce (Madrigal)
- 12 Care luci che vaghezza (Scherzo)
- 13 Intermedio d'Orfeo
- 14 Adagiata, Poppea (Berceuse d'Arnalta)
- 15 Scocca pur tutti tuoi strali
- 16 Ah ! Rinaldo, e dove sei ?
- 17 Si c'est un bien que l'espérance
- 18 Depuis quinze jusqu'à trente
- 19 Ah ! Je sens que mon coeur va mourir
- 20 Quand on vous dit que l'on vous ayme
- 21 Que faites-vous Sylvie ?
- 22 Si je vous dis que je vous ayme
- 23 Au secours, au secours
- 24 Qui conte les faveurs
- 25 Déploration sur la mort de Monsieur de Lambert
Disperati, ch'aspetti più ? (Luigi Rossi)
A chi, lasso credero ?
Hor guardate come và la fortuna
Anime, voi che siete dalle furie
Scherzi, arie, canzonette, madrigaux, second livre (Antonio Brunelli)
L'incoronazione di Poppea (Le couronnement de Poppée) (Claudio Monteverdi)
Scocca pur tutti tuoi strali (Jean-Baptiste Lully)
Ah ! Rinaldo, e dove sei ?
Airs à deux parties avec les seconds couplets en diminution (Joseph Chabanceau de la Barre)
Que faites-vous Sylvie ? (Michel Lambert)
Si je vous dis que je vous ayme
Au secours, au secours
Qui conte les faveurs
Déploration sur la mort de Monsieur de Lambert (Du Buisson)
À propos
Luigi Rossi, Antonio Brunelli, Claudio Mnnteverdi, Jean-Baptiste Lully, Michel Lambert, Joseph Chabanceau de la Barre, Du Buisson / Henri Ledroit, contreténor (Live, Festival d'Aix en 1985 et au Centre de Musique baroque de Versailles en 1987)
Détails de l'enregistrement original :
65:38 - ADD - Enregistré en plein air (Cloître Saint-Sauveur) lors d'un concert au Festival d'Aix-en-Provence en 1985 et dans le cadre des Journées Lully du Centre de Musique Baroque de Versailles en 1987 - Notes en français & anglais
Luigi Rossi (v.1597-1653)
Disperati, ch'aspetti più ?
A chi, lasso credero ?
Hor guardate come và la fortuna
Anime, voi che siete dalle furie
Antonio Brunelli (v.1575-v.1630)
Scherzi, arie, canzonette, madrigaux, second livre (1614)
Qual dolor, qual martire (Aria)
Son arcieri troppo fieri (Aria)
Bella luce d'amour (Madrigal)
Bella donna mia nemica (Scherzo)
Perche due baci (Madrigal)
Pur si ruppe il fero laccio (Scherzo)
Io parto, Ahi ! Dura voce (Madrigal)
Care luci che vaghezza (Scherzo)
Intermedio d'Orfeo
Claudio Monteverdi (1567-1643)
Adagiati, Poppea (Couronnement de Popée : Berceuse d'Arnalta)
Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
Scocca pur tutti tuoi strali
Ah ! Rinaldo, e dove sei ?
Joseph Chabanceau de la Barre
Airs à deux parties avec les seconds couplets en diminutions, 1669)
Si c'est un bien que l'espérance
Depuis quinze jusqu'à trente
Ah ! Je sens que mon cœur va mourir
Quand on vous dit que l'on vous ayme
Michel Lambert (v.1610-1696)
Que faites-vous, Sylvie ?
Si je vous dis que je vous ayme
Au secours, au secours
Qui conte les faveurs
Du Buisson (v.1655-1710)
Déploration sur la mort de Monsieur de Lambert Henri Ledroit (1946-1988), contreténor
Matthias Spaeter, luth & théorbe
Anne-Marie Lasla, viole de gambe
Aline Zylberajch, clavecin
Disperati, ch'aspetti più ?
A chi, lasso credero ?
Hor guardate come và la fortuna
Anime, voi che siete dalle furie
Antonio Brunelli (v.1575-v.1630)
Scherzi, arie, canzonette, madrigaux, second livre (1614)
Qual dolor, qual martire (Aria)
Son arcieri troppo fieri (Aria)
Bella luce d'amour (Madrigal)
Bella donna mia nemica (Scherzo)
Perche due baci (Madrigal)
Pur si ruppe il fero laccio (Scherzo)
Io parto, Ahi ! Dura voce (Madrigal)
Care luci che vaghezza (Scherzo)
Intermedio d'Orfeo
Claudio Monteverdi (1567-1643)
Adagiati, Poppea (Couronnement de Popée : Berceuse d'Arnalta)
Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
Scocca pur tutti tuoi strali
Ah ! Rinaldo, e dove sei ?
Joseph Chabanceau de la Barre
Airs à deux parties avec les seconds couplets en diminutions, 1669)
Si c'est un bien que l'espérance
Depuis quinze jusqu'à trente
Ah ! Je sens que mon cœur va mourir
Quand on vous dit que l'on vous ayme
Michel Lambert (v.1610-1696)
Que faites-vous, Sylvie ?
Si je vous dis que je vous ayme
Au secours, au secours
Qui conte les faveurs
Du Buisson (v.1655-1710)
Déploration sur la mort de Monsieur de Lambert Henri Ledroit (1946-1988), contreténor
Matthias Spaeter, luth & théorbe
Anne-Marie Lasla, viole de gambe
Aline Zylberajch, clavecin
Lorsqu'il s'agit de dire, huit ans après la disparition d'un artiste, ce qui faisait sa nature, son charme et sa place dans l'histoire des interprètes, les impulsions de la mémoire frappent à la
porte du souvenir, un peu désordonnées, un peu anecdotiques. [...] Henri Ledroit était un vrai professionnel, un artiste préparé à chanter ce qu'on lui demandait de chanter, mais c'était avant tout
une nature impétueuse, haute en couleur, un être qui savait adorer, mais pouvait être capable de colères retentissantes. Pourtant, c'était aussi un être fragile, soucieux de ce que l'on pensait de
lui, inquiet qu'on ne l'aimât point ou pas assez. [...]
Ce binôme force/fragilité s'illustrait avant tout dans la couleur et la tenue de sa voix. Ledroit était une voix, puissante, tonique, large, colorée – fait assez rare chez les "falsettistes". Il usait du falsetto, mais ne paraissait jamais chanter d'une voix "fausse", ou "feinte", ainsi que peut l'induire l'étymologie du terme. Avant que de rencontrer la figure d'Alfred Deller, au début des années 1970, et de se lancer dans l'aventure, rare à l'époque, en France, d'une carrière de contreténor, la "vraie" voix, la première tessiture d'Henri Ledroit furent celle du baryton. Mais, à l'inverse de la plupart des barytons devenus contreténors, Ledroit n'a pas isolé le haut de sa tessiture, sa voix de tête, et banni ses graves de "poitrine" naturels. Ainsi, il fut le premier contreténor français à pouvoir chanter des rôles d'alto masculin et de hautes-contres "à la française". (Avant lui, ce furent André Mallabrera, Michel Sénéchal ou Zeger Vandersteene ; mais ils étaient des ténors aigus.). Toute puissante et riche qu'elle était, la voix d'Henri Ledroit pouvait confiner au murmure, prête à se briser sur le silence. Ledroit avait le sens, strict et honnête, de la suavitas. [...]
Henri Ledroit avait un charme inné et dévastateur ; son humour et sa drôlerie ne l'étaient pas moins. On se souvient, entre autres anecdotes, d'Henri faisant hurler de rire les baigneurs et baigneuses d'une piscine, poursuivi par sa consœur Guillemette Laurens, à qui il avait chipé une partie de son maillot de bain... C'était à l'Escurial près de Madrid, en août 1982, entre deux répétitions du groupe de madrigalistes qu'avait réuni Philippe Herreweghe à l'occasion du cours et des concerts organisés par l'Université espagnole. [...]
Ce qui frappe le plus, dans ces documents enregistrés sur le vif, c'est le frémissement propre au concert. Au Festival d'Aix-en-Provence, pendant l'été 1985, Henri Ledroit donnait en bis d'un récital avec Matthias Spaeter la Berceuse d'Arnalta de Monteverdi, bouleversante, murmurée, indicible – une berceuse qui endort à peine la mélancolie qui nous étreint. Deux ans plus tard, Henri chantait la Plainte sur la mort de Monsieur Lambert de Du Buisson, autre grand moment radiophonique, capté lors des "Journées Lully" du Centre de Musique Baroque de Versailles. Comment ne pas se souvenir, en entendant cette plainte, qu'il ne restait plus à Henri que quelques mois à vivre ? Ce nonobstant, les petits airs lestes que le contreténor chantait à Aix rappellent sa fantaisie débridée, sa connivence avec un public qui l'adorait et continue de l'adorer. C'est aussi la magie propre au disque – et particulièrement à cette collection – que de restituer, en les confondant, les moments de mémoire et de vie. Ils sont tels quels, imparfaits mais toujours infiniment touchants.
Ce binôme force/fragilité s'illustrait avant tout dans la couleur et la tenue de sa voix. Ledroit était une voix, puissante, tonique, large, colorée – fait assez rare chez les "falsettistes". Il usait du falsetto, mais ne paraissait jamais chanter d'une voix "fausse", ou "feinte", ainsi que peut l'induire l'étymologie du terme. Avant que de rencontrer la figure d'Alfred Deller, au début des années 1970, et de se lancer dans l'aventure, rare à l'époque, en France, d'une carrière de contreténor, la "vraie" voix, la première tessiture d'Henri Ledroit furent celle du baryton. Mais, à l'inverse de la plupart des barytons devenus contreténors, Ledroit n'a pas isolé le haut de sa tessiture, sa voix de tête, et banni ses graves de "poitrine" naturels. Ainsi, il fut le premier contreténor français à pouvoir chanter des rôles d'alto masculin et de hautes-contres "à la française". (Avant lui, ce furent André Mallabrera, Michel Sénéchal ou Zeger Vandersteene ; mais ils étaient des ténors aigus.). Toute puissante et riche qu'elle était, la voix d'Henri Ledroit pouvait confiner au murmure, prête à se briser sur le silence. Ledroit avait le sens, strict et honnête, de la suavitas. [...]
Henri Ledroit avait un charme inné et dévastateur ; son humour et sa drôlerie ne l'étaient pas moins. On se souvient, entre autres anecdotes, d'Henri faisant hurler de rire les baigneurs et baigneuses d'une piscine, poursuivi par sa consœur Guillemette Laurens, à qui il avait chipé une partie de son maillot de bain... C'était à l'Escurial près de Madrid, en août 1982, entre deux répétitions du groupe de madrigalistes qu'avait réuni Philippe Herreweghe à l'occasion du cours et des concerts organisés par l'Université espagnole. [...]
Ce qui frappe le plus, dans ces documents enregistrés sur le vif, c'est le frémissement propre au concert. Au Festival d'Aix-en-Provence, pendant l'été 1985, Henri Ledroit donnait en bis d'un récital avec Matthias Spaeter la Berceuse d'Arnalta de Monteverdi, bouleversante, murmurée, indicible – une berceuse qui endort à peine la mélancolie qui nous étreint. Deux ans plus tard, Henri chantait la Plainte sur la mort de Monsieur Lambert de Du Buisson, autre grand moment radiophonique, capté lors des "Journées Lully" du Centre de Musique Baroque de Versailles. Comment ne pas se souvenir, en entendant cette plainte, qu'il ne restait plus à Henri que quelques mois à vivre ? Ce nonobstant, les petits airs lestes que le contreténor chantait à Aix rappellent sa fantaisie débridée, sa connivence avec un public qui l'adorait et continue de l'adorer. C'est aussi la magie propre au disque – et particulièrement à cette collection – que de restituer, en les confondant, les moments de mémoire et de vie. Ils sont tels quels, imparfaits mais toujours infiniment touchants.
Renaud Machart
(Extraits du texte du livret)
© INA mémoire vive 1996 - Reproduction interdite
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