Artiste principal :
Jordi Savall
Genre : Classique
Disponible en
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Qualité Studio Masters (24 bits)
14,99 €
Qualité CD (Lossless 16 bits 44,1 kHz)
11,99 €
- 1 Première Suite: Prélude
- 2 Première Suite: Allemande légère
- 3 Première Suite: Courante
- 4 Première Suite: Sarabande grave
- 5 Première Suite: Gavotte
- 6 Première Suite: Gigue
- 7 Première Suite: Passacaille ou Chaconne
- 8 Deuxième Suite: Prélude
- 9 Deuxième Suite: Fuguéte
- 10 Deuxième Suite: Pompe funèbre
- 11 Deuxième Suite: La chemise blanche
À propos
Réalisé en l’église romane de Saint-Lambert-des-Bois, en décembre 1975, cet opus dédié aux Pièces de viole de Couperin, qui lança à l'époque le label Astrée fondé par Michel Bernstein, demeure l'un des actes fondateurs du mouvement baroque. L’œuvre ultime de François Couperin bénéficie ici d'une interprétation admirable, humaine et intense. Soutenu avec élégance et finesse et surtout une infinie tendresse par Ton Koopman et Ariane Maurette, toujours soucieux de maintenir des équilibres sonores et expressifs et - si ! - fragiles, Jordi Savall nous livre des phrasés rayonnants, d'une fluidité imperturbable.
Inclus
1 Livret numérique
Studio Masters
24 bits / 88.2 kHz
Détails de l'enregistrement original :
Enregistrement réalisé en l’église romane de Saint Lambert des Bois, Yvelines, en décembre 1975 (Production Michel Bernstein)
François Couperin (1668-1733)
Pièces de violes (1728) avec la basse chiffrée par Mr F.C.
Première suite
Deuxième suite
Jordi Savall, basse de viole à sept cordes (facteur anonoyme français, fin XVIIe s.)
Ton Koopman, clavecin Gilbert des Ruisseaux (fin XVIIe siècle)
Ariane Maurette, viole de gambe (basse continue / Basse de viole Barak Norman, Londres 1697)
Pièces de violes (1728) avec la basse chiffrée par Mr F.C.
Première suite
Deuxième suite
Jordi Savall, basse de viole à sept cordes (facteur anonoyme français, fin XVIIe s.)
Ton Koopman, clavecin Gilbert des Ruisseaux (fin XVIIe siècle)
Ariane Maurette, viole de gambe (basse continue / Basse de viole Barak Norman, Londres 1697)
La collection Alia Vox Heritage initiée par Alia Vox en 2007, avec la réédition du Vespro della Beata Vergine de Monteverdi (AVSA9855), propose une vision renouvelée des enregistrements réalisés entre 1977 et 1996 par Jordi Savall, Montserrat Figueras et leurs ensembles Hespèrion XX, La Capella Reial de Catalunya et Le Concert des Nations pour le label Astrée. Ce legs discographique unique représentant près de 70 albums parmi les plus emblématiques de la renaissance de la musique ancienne sera systématiquement remasterisé et édité avec le soin qui caractérise Alia Vox depuis sa création en 1998. Cette démarche permet de réunir sous une même bannière les productions passées et actuelles, et de mesurer l’ampleur et la continuité du travail réalisé par les artistes d’Alia Vox depuis plus de trente ans.
« Jusqu’à 1972 je n’avais qu’une viole de gambe faite en 1965 par le luthier Manuel Fleta de Barcelone, c’est pourquoi le claveciniste Rafael Puyana, — avec qui j’avais déjà fait quelques récitals où nous interprétions les trois Sonates de Bach pour viole de gambe et clavecin —, me proposa d’aller au Musée Instrumental du Conservatoire de Paris et d’y jouer pour sa directrice Madame de Chambure. Pendant que nous jouions au fond de la salle, avec un très beau clavecin ancien, elle resta assise dans son bureau en travaillant ou en faisant mine de travailler sur ses documents éparpillés sur sa grande table. Quand nous partions, j’ai été très surpris de sa remarque ; « Jeune homme, vous jouez très bien, mais vous avez un mauvais instrument. À la prochaine occasion où vous serez à Paris, venez me voir chez moi. » Par grande chance deux mois plus tard, je devais retourner à Paris pour enregistrer (pour Erato) un concert de Telemann pour flûte à bec et viole de gambe avec Michel Piguet et l’orchestre de chambre Jean-François Paillard. Je profitai de l’occasion pour appeler Madame de Chambure, qui me donna très rapidement un rendez-vous.
« Quand j’arrivai chez elle à Neuilly-sur-Seine, elle me proposa tout de suite de faire un concert dans sa saison « Musique d’Autrefois » avec les œuvres de Mr. de Sainte-Colombe, et pour cela il fallait que je choisisse une des nombreuses violes de gambe qu’elle avait dans son extraordinaire collection. Cela dit, elle me laissa seul dans cet énorme salon plein d’instruments et je commençai à essayer les différentes violes qui y étaient exposées. Après une bonne demi-heure j’avais trouvé l’instrument idéal : une belle basse de viole à sept cordes d’un facteur anonyme de la fin du XVIIe siècle, et au moment où Madame de Chambure revint, je lui dis : « j’aime beaucoup celui-ci » et je m’aventurai à ajouter que « l’instrument était très différent du mien et qu’il faudrait que je puisse le travailler quelque temps avant le concert ». A ma grande surprise elle me dit : « bien sûr vous pouvez l’emmener tout de suite » et sans autre formalité je sortis de sa maison avec deux violes de gambe, la mienne et celle qu’on venait de me prêter si généreusement ; malgré ce poids j’avais l’impression de flotter, tant ma joie était grande.
« Ce fut grâce à la qualité du son de cet instrument anonyme du XVIIe siècle, que toutes les indications historiques du jeu de la viole que j’essayais d’apprendre avec patience depuis sept ans, devenaient tout de suite bien plus évidentes et plus faciles à réaliser ; coups d’archet en l’air, enfler, jeter ou exprimer le son, jeu inégal, arpèges, souplesse et précision, etc., l’instrument était comme un cheval prêt à courir, à sauter, il suffisait d’un petit geste précis pour le faire réagir et vibrer pleinement. Trois ans plus tard (1975), c’est cet instrument que j’ai utilisé pour l’enregistrement des Pièces de Violes de François Couperin, la deuxième viole jouée par Ariane Maurette était la Barak Norman de 1697, que j’avais eu la grande chance de pouvoir acquérir en 1973 et le merveilleux clavecin joué par Ton Koopman était de Gilbert des Ruisseaux de la fin du XVIIe siècle, tout juste magnifiquement restauré par Hubert Bédart. L’église romane de Saint-Lambert-des-Bois nous fournit le cadre acoustique idéal pour ce style de musique, avec un son chaleureux et ample, qui permettait une forte proximité, nécessaire pour capter d’une manière intime tout le raffinement de la musique et du jeu de ces instruments.
« C’était aussi grâce à Madame de Chambure que j’eus l’occasion de rencontrer Michel Bernstein après un concert que nous donnâmes à Paris avec Montserrat, Hopkinson Smith et Lorenzo Alpert en 1974 et quelques mois plus tard à Nantes à un concert avec Trevor Pinnock et Stephen Preston, dans le cadre d’une exposition itinérante d’instruments baroques qu’elle organisait dans plusieurs villes de France. Michel Bernstein montra immédiatement un grand intérêt pour enregistrer les Pièces de Violes de François Couperin, une des œuvres les plus importantes du répertoire, mais je voulais d’abord le convaincre de faire plusieurs enregistrements dédiés aux Cinq livres de Pièces de Viole de Marin Marais. On parla longuement et à la fin on tomba d’accord pour faire tout. Je commençai avec le 2e Livre de Marais (au mois d’Août) et quelques mois plus tard en décembre les Pièces de Violes de François Couperin, ce qui permit à Michel Bernstein de présenter au début de 1976 le disque N° 1 de sa nouvelle collection Astrée, dédié à la « Deffence & Illustration de la Musique Française ».
« La collaboration avec L’Astrée de Michel Bernstein se poursuivra jusqu’après l’achat du label par Auvidis et après 25 ans d’étroite collaboration (avec plus de 60 enregistrements édités), finira en 1990 par la séparation de celui-ci de la direction artistique, suite à de graves divergences. Ce fut cette situation malheureuse qui nous obligea à devenir nous-mêmes les seuls producteurs de l’enregistrement de la bande son de Tous les matins du Monde (en cédant à Astrée/Auvidis la commercialisation de l’enregistrement durant les premiers 10 ans). Le procès que Michel Bernstein avait engagé, par malchance, avant la production de Tous les matins du Monde, empêcha injustement celui qui avait été, avec Astrée, à l’origine de cette phénoménale redécouverte de Mr. de Sainte-Colombe et de Marin Marais, de participer et de profiter de cet extraordinaire succès.
" Cette réédition est un double hommage à tous ceux qui ont été inspirés par « l’amour d’une viole » : d’abord au grand art de François Couperin et ensuite à tous ceux qui au long de ma vie on contribué à rendre possible ce chemin inspiré aussi par ce même amour : en gardant, dans ce long parcours, un spécial souvenir plein de gratitude, pour ces deux grandes personnalités et ces amis que furent Geneviève Thibault, Comtesse de Chambure et Michel Bernstein ; tous les deux grands pionniers dans la « Deffence & Illustration de la Musique Française », qui avaient fait sienne la devise de Couperin « j’aime beaucoup mieux ce qui me touche que ce qui me surprend ».
À LIRE AUSSI SUR QOBUZ l'intégralité des souvenirs de Michel Bernstein (Souvenirs de Michel Bernstein I, Souvenirs de Michel Bernstein II, Souvenirs de Michel Bernstein III, Souvenirs de Michel Bernstein IV, Souvenirs de Michel Bernstein V, Souvenirs de Michel Bernstein VI, Souvenirs de Michel Bernstein VII, Souvenirs de Michel Bernstein VIII, Souvenirs de Michel Bernstein IX)
« Quand j’arrivai chez elle à Neuilly-sur-Seine, elle me proposa tout de suite de faire un concert dans sa saison « Musique d’Autrefois » avec les œuvres de Mr. de Sainte-Colombe, et pour cela il fallait que je choisisse une des nombreuses violes de gambe qu’elle avait dans son extraordinaire collection. Cela dit, elle me laissa seul dans cet énorme salon plein d’instruments et je commençai à essayer les différentes violes qui y étaient exposées. Après une bonne demi-heure j’avais trouvé l’instrument idéal : une belle basse de viole à sept cordes d’un facteur anonyme de la fin du XVIIe siècle, et au moment où Madame de Chambure revint, je lui dis : « j’aime beaucoup celui-ci » et je m’aventurai à ajouter que « l’instrument était très différent du mien et qu’il faudrait que je puisse le travailler quelque temps avant le concert ». A ma grande surprise elle me dit : « bien sûr vous pouvez l’emmener tout de suite » et sans autre formalité je sortis de sa maison avec deux violes de gambe, la mienne et celle qu’on venait de me prêter si généreusement ; malgré ce poids j’avais l’impression de flotter, tant ma joie était grande.
« Ce fut grâce à la qualité du son de cet instrument anonyme du XVIIe siècle, que toutes les indications historiques du jeu de la viole que j’essayais d’apprendre avec patience depuis sept ans, devenaient tout de suite bien plus évidentes et plus faciles à réaliser ; coups d’archet en l’air, enfler, jeter ou exprimer le son, jeu inégal, arpèges, souplesse et précision, etc., l’instrument était comme un cheval prêt à courir, à sauter, il suffisait d’un petit geste précis pour le faire réagir et vibrer pleinement. Trois ans plus tard (1975), c’est cet instrument que j’ai utilisé pour l’enregistrement des Pièces de Violes de François Couperin, la deuxième viole jouée par Ariane Maurette était la Barak Norman de 1697, que j’avais eu la grande chance de pouvoir acquérir en 1973 et le merveilleux clavecin joué par Ton Koopman était de Gilbert des Ruisseaux de la fin du XVIIe siècle, tout juste magnifiquement restauré par Hubert Bédart. L’église romane de Saint-Lambert-des-Bois nous fournit le cadre acoustique idéal pour ce style de musique, avec un son chaleureux et ample, qui permettait une forte proximité, nécessaire pour capter d’une manière intime tout le raffinement de la musique et du jeu de ces instruments.
« C’était aussi grâce à Madame de Chambure que j’eus l’occasion de rencontrer Michel Bernstein après un concert que nous donnâmes à Paris avec Montserrat, Hopkinson Smith et Lorenzo Alpert en 1974 et quelques mois plus tard à Nantes à un concert avec Trevor Pinnock et Stephen Preston, dans le cadre d’une exposition itinérante d’instruments baroques qu’elle organisait dans plusieurs villes de France. Michel Bernstein montra immédiatement un grand intérêt pour enregistrer les Pièces de Violes de François Couperin, une des œuvres les plus importantes du répertoire, mais je voulais d’abord le convaincre de faire plusieurs enregistrements dédiés aux Cinq livres de Pièces de Viole de Marin Marais. On parla longuement et à la fin on tomba d’accord pour faire tout. Je commençai avec le 2e Livre de Marais (au mois d’Août) et quelques mois plus tard en décembre les Pièces de Violes de François Couperin, ce qui permit à Michel Bernstein de présenter au début de 1976 le disque N° 1 de sa nouvelle collection Astrée, dédié à la « Deffence & Illustration de la Musique Française ».
« La collaboration avec L’Astrée de Michel Bernstein se poursuivra jusqu’après l’achat du label par Auvidis et après 25 ans d’étroite collaboration (avec plus de 60 enregistrements édités), finira en 1990 par la séparation de celui-ci de la direction artistique, suite à de graves divergences. Ce fut cette situation malheureuse qui nous obligea à devenir nous-mêmes les seuls producteurs de l’enregistrement de la bande son de Tous les matins du Monde (en cédant à Astrée/Auvidis la commercialisation de l’enregistrement durant les premiers 10 ans). Le procès que Michel Bernstein avait engagé, par malchance, avant la production de Tous les matins du Monde, empêcha injustement celui qui avait été, avec Astrée, à l’origine de cette phénoménale redécouverte de Mr. de Sainte-Colombe et de Marin Marais, de participer et de profiter de cet extraordinaire succès.
" Cette réédition est un double hommage à tous ceux qui ont été inspirés par « l’amour d’une viole » : d’abord au grand art de François Couperin et ensuite à tous ceux qui au long de ma vie on contribué à rendre possible ce chemin inspiré aussi par ce même amour : en gardant, dans ce long parcours, un spécial souvenir plein de gratitude, pour ces deux grandes personnalités et ces amis que furent Geneviève Thibault, Comtesse de Chambure et Michel Bernstein ; tous les deux grands pionniers dans la « Deffence & Illustration de la Musique Française », qui avaient fait sienne la devise de Couperin « j’aime beaucoup mieux ce qui me touche que ce qui me surprend ».
Bellaterra, premier jour de l’Automne de 2012
JORDI SAVALL
JORDI SAVALL
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