Artiste principal :
Jiri Belholavek
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Qualité Studio Masters (24 bits)
Qualité CD (Lossless 16 bits 44,1 kHz)
11,99 €
- 1 Gilgamesh
- 2 Mort d'Enkidu
- 3 Invocation
L'Épopée de Gilgamesh, oratorio pour soli, récitant, chœur et orchestre (Bohuslav Martinu)
À propos
Cantate pour solistes, récitant, chœur & orch. d'après la mythologie babylonienne (chanté en tchèque) - Chœur Philharmonique de Prague - Orch. Symph. de Prague - Dir. Jiri Belohlavek
Détails de l'enregistrement original :
57:50 - ADD stéréo - Enregistré à la Salle Smetana de l'Hôtel de Ville de Prague en avril 1976 - Notes en français, anglais, allemand & tchèque et texte de la cantate en tchèque avec traduction anglaise
Bohuslav Martinu (1890-1959)
L'Épopée de Gilgamesh, H.351 (1954-55)
Cantate oratorio pour solistes, récitant, chœur mixte et orchestre sur un texte de Martinú d'après la traduction de l'Epopée de Gilgamesh de R. Campbell Thompson et chantée dans la traduction tchèque de Ferdinand Pujman
I. Gilgamesh
II. La mort d'Enkidu
III. Invocation Marcela Machotková, soprano (Une femme)
Jiří Zahradníček, ténor (Chasseur - Enkidu)
Václav Zítek, baryton (Gilgamesh)
Karel Průša, basse (Narrateur - Père du chasseur - Esprit d'Enkidu)
Otakar Brousek, récitant
Chœur Philharmonique de Prague
Orchestre Symphonique de Prague
Direction Jiri Belohlavek
L'Épopée de Gilgamesh, H.351 (1954-55)
Cantate oratorio pour solistes, récitant, chœur mixte et orchestre sur un texte de Martinú d'après la traduction de l'Epopée de Gilgamesh de R. Campbell Thompson et chantée dans la traduction tchèque de Ferdinand Pujman
I. Gilgamesh
II. La mort d'Enkidu
III. Invocation Marcela Machotková, soprano (Une femme)
Jiří Zahradníček, ténor (Chasseur - Enkidu)
Václav Zítek, baryton (Gilgamesh)
Karel Průša, basse (Narrateur - Père du chasseur - Esprit d'Enkidu)
Otakar Brousek, récitant
Chœur Philharmonique de Prague
Orchestre Symphonique de Prague
Direction Jiri Belohlavek
L’épopée de Gilgamesh, d'après la mythologie babylonienne, fait figure de cavalier seul dans la production de Martinů, en particulier ses dernières œuvres plus ou moins toutes teintées d’accents puissamment inspirés des tournures tchèques. Rien de cela ici : voilà une musique absolument « pure » de toute référence nationale (ou… disons… qui n’en contient que très peu, dont quelques enchaînements harmoniques), faite plus de ces couleurs orchestrales d’une infinie palette à la Martinů rappelant par moments les Fresques de Piero della Francesca, mais dans un discours plus haletant, plus narratif. L’usage du récitatif accompagné n’y est pas pour rien, même si le compositeur explore tout un éventail d’accompagnements qui ne doivent rien à la basse continue de grand-papa !
Voilà bien incontestablement une des partitions majeures de Martinu, merveilleuse de poésie, mais bien trop rare, hélas absente de la plupart des programmes orchestraux français, représentante du tout dernier Martinů ; en effet, l’œuvre date de 1955 et ne fut créée que quelques mois avant la disparition du maître.
Voilà bien incontestablement une des partitions majeures de Martinu, merveilleuse de poésie, mais bien trop rare, hélas absente de la plupart des programmes orchestraux français, représentante du tout dernier Martinů ; en effet, l’œuvre date de 1955 et ne fut créée que quelques mois avant la disparition du maître.
Gilgamesh, composition vocale originale de Bohuslav Martinů (1890–1959), est une œuvre exceptionnelle dans la littérature mondiale même. En 1955, l’année de sa création, le compositeur tchèque, alors au sommet de son art, vit à l’étranger. À cette même époque (il séjourne alors à Nice) voient le jour les œuvres qui, de par leur atmosphère « tchèque », s’inscrivent durablement dans la conscience de sa patrie et occupent dans le cœur des Tchèques la même place que les compositions du même ordre de Smetana, Dvořák, Janáček.
Gilgamesh, situé dans un tout autre registre, surprend d’autant plus. C’est une œuvre mystérieuse et excitante, à l’image de son modèle antique, témoignage écrit le plus ancien du patrimoine mondial. Les racines de l’épopée babylonienne sur Gilgamesh remontent probablement aux débuts de la civilisation babylonienne. Grâce à une transmission orale, à partir du troisième millénaire avant J.C., apparaissent progressivement des poèmes sumériens, dont le plus important, une synthèse néo-assyrienne, a été retrouvé sous la forme de douze tablettes datées probablement du 7ème siècle avant J.C. L’épopée nous est parvenue en plusieurs autres versions (dont une hittite, déchiffrée par l’orientaliste tchèque Bedřich Hrozný), dont l’étude scientifique nécessite aujourd’hui encore de grands efforts. L’Epopée a influencé de manière marquante des œuvres postérieures, souvent de portée bien plus importante, jusqu’à la Bible. La version néo-assyrienne, traduite en anglais par Reginald Campbell Thompson en 1930, a servi de base à l’œuvre vocale de Martinů. Celui-ci, très intrigué par cette épopée antique, se met à composer uniquement après s’être plongé plusieurs années dans le mystère de son message philosophique complexe. Martinů aborde la conception et le traitement de ce texte avec génie. Il serait difficile de référer son oeuvre aux styles de l’oratorio ou de la cantate. Nous savons que Martinů portait un grand intérêt aux formes du baroque naissant qui, pendant de longues années, était en quête d’une forme vivante concrète (dans l’histoire de la musique, il s’intéresse par exemple à la célèbre Representatione di anima e di corpo du compositeur florentin Emilio de Cavalieri). La partition nous le révèle comme l’auteur de stylisations modernes du sepulcro, des jeux spirituels et d’autres genres non traditionnels, tels qu’il les utilise par exemple dans les Jeux de Marie ou dans Juliette. Son langage est moderne tout en étant absolument tonal. L’emploi du récitatif est ici tout à fait fonctionnel, signifiant bien plus qu’une main que l’on tend à l’auditeur. De grande sensibilité et de goût parfait, il augmente la charge émotionnelle. Les accords, par moments pleins de lumière, tout à fait originaux par leur tonalité majeure si typique de Martinů, ne reflètent pas les pensées errant dans les paysages de sa patrie lointaine de la même manière que dans ses cantates de chambre (la plus connue, L’Eveil des Sources, date aussi de 1955), dans ses Phantaisies symphoniques ou encore dans sa Rhapsodie pour alto. Ici, elles sont en communion avec des sentiments bien plus élevés (présents dans son opéra postérieur, La Passion grecque) qui, dépassant de loin l’espace étroit national, revêt une dimension universelle.
Bohuslav Vítek
Traduit par Jiřina Rodolphe
© SUPRAPHON 2007 – Reproduction interdite
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