Arthur Rubinstein, piano Rubinstein - Beethoven, Saint-Saens, Villa-Lobos, Chopin
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Paru le 13 septembre 2007 chez BBC
Artiste principal : Arthur Rubinstein
Genre : Classique
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Qualité Studio Masters (24 bits)
Qualité CD (Lossless 16 bits 44,1 kHz) 11,99 €
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ALBUM : 1 disque - 11 pistes - Durée totale : 01:15:17
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  1. 1 Piano Concerto No. 4 in G major, Op. 58: I. Allegro moderato , Contributor - London Philharmonic Orchestra, Orchestra - Antal Dorati, Conductor
  2. 2 Piano Concerto No. 4 in G major, Op. 58: II. Andante con moto , Contributor - Antal Dorati, Conductor - London Philharmonic Orchestra, Orchestra
  3. 3 Piano Concerto No. 4 in G major, Op. 58: III. Rondo: Vivace , Contributor - Antal Dorati, Conductor - London Philharmonic Orchestra, Orchestra
  4. 4 Piano Concerto No. 2 in G minor, Op. 22: I. Andante sostenuto , Contributor - BBC Symphony Orchestra, Orchestra - Rudolf Schwarz, Conductor
  5. 5 Piano Concerto No. 2 in G minor, Op. 22: II. Allegro scherzando , Contributor - BBC Symphony Orchestra, Orchestra - Rudolf Schwarz, Conductor
  6. 6 Piano Concerto No. 2 in G minor, Op. 22: III. Presto , Contributor - BBC Symphony Orchestra, Orchestra - Rudolf Schwarz, Conductor
  7. 7 Prole do bebe No. 1: Morenhina (A boneca de massa) , Contributor
  8. 8 Prole do bebe No. 1: A pobrezinha (A boneca de trapo) , Contributor
  9. 9 Prole do bebe No. 1: O Polichinello , Contributor
  10. 10 12 Etudes, Op. 25: Etude No. 17 in E minor, Op. 25, No. 5 , Contributor
  11. 11 Scherzo No. 2 in B flat minor, Op. 31 , Contributor

À propos

Beethoven : Concerto piano n°4 - Saint-Saëns : Concerto piano n°2 - Chopin : Scherzo n°2, Etude op.25 n°5 - Villa-Lobos : Prole do bebe n°1 / A. Rubinstein, piano - London Philh. Orch. - BBC Symph. Orch. - Dir. Antal Dorati & Rudolf Schwarz
Note des internautes : 1 2 3 4 5
Détails de l'enregistrement original : 76:38 - ADD mono & *stéréo - Enregistré en concert à Londres, au Royal Festival Hall le 7 décembre 1967 (Beethoven), le 27 novembre 1957 (St Saëns) & le 4 décembre 1968 (Scherzo), aux Studios de la BBC le 9 novembre 1958 (Villa-Lobos, Etude) - Notes en français, anglais, allemand
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Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Concerto pour piano & orchestre n° 4 en sol majeur, op. 58 *

Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Concerto pour piano & orchestre n° 2 en sol mineur, op. 22 **

Heitor Villa-Lobos (1887-1959)
A Prole do Bebê (La famille du Bébé), suite n° 1 (extraits)
II. Moreninha (La petite brune [Poupée de papier mâché])
VI. A Pobrezinha (La pauvresse [Poupée de chiffon])
VII. O Polichinelo (Polichinelle)

Frédéric Chopin (1810-1849)
Etude en mi mineur, op. 25 n° 5
Scherzo en si bémol mineur, op. 31 (Bis) *
Artur Rubinstein (1887-1982), piano
BBC Symphony Orchestra
Direction *Antal Dorati (1906-1988) & **Rudolf Schwarz (1905-1994)
Le critique Charles Joly évoquait dans Le Figaro « la sûreté et la majestueuse simplicité de son art, d’où semble exclue toute difficulté d’exécution », tandis que Pierre Lalo dans Le Temps notait : « Ce qui me frappe chez cet artiste, c’est que malgré sa grande jeunesse, il est déjà rompu à toutes les difficultés de la technique… ». Eh oui : on était en 1905, Rubinstein n’avait pas encore 18 ans et déjà il défrayait la chronique musicale internationale.
    Le voici au crépuscule de sa phénoménale carrière, avec un jeu toujours aussi impeccable, transparent, simple sans jamais tomber dans l’ascèse. Si les présents enregistrements furent réalisés entre cinquante et soixante ans plus tard par un vénérable grand maître, les remarques s’appliquent toujours. Et il ne faut pas perdre de vue, en plus, qu’il s’agit exclusivement de prises de concert ! Détail qui ne manque pas d’importance, Rubinstein joua le Second concerto de Saint-Saëns devant le compositeur en personne, qui se déclara plus que ravi [NB : la sonorité de l’enregistrement pâlit un peu par rapport à celle du Beethoven].
    Le Concerto n° 4 de Beethoven sous la baguette de Dorati est une rare occasion d'entendre ces deux musiciens d'exception jouer ensemble.
    Quant au magnifique A Prole do Bebê de Villa-Lobos – qui contribua beaucoup à la célébrité du compositeur –, c'est Rubinstein qui en créa la première série (les poupées) à Rio de Janeiro le 5 décembre 1927. Il s'en entichera au point, à une époque, de terminer toujours ses concerts avec le plus grand succès par l'une de ces petites pièces délicieuses, aussi colorées et rythmées que spirituelles et même virtuoses. Une rareté à ne surtout pas manquer.

Un géant insaisissable Jeremy Siepmann
    Certains critiques voient juste. Celui du Temps, Pierre Lalo, était l’un d’eux : « Ce qui me frappe chez cet artiste, écrit-il à propos de Artur Rubinstein, c’est que, malgré sa grande jeunesse, déjà rompu à toutes les difficultés de la technique, il sait se placer au-dessus des détails de l’oeuvre interprétée pour en donner une exécution synthétique. Il voit et il joue large. Il ne se perd pas dans les détails où les autres se complaisent, car les difficultés d’exécution sont chez lui résolues d’elles-mêmes. Cette sérénité lui permet de se donner tout entier à l’interprétation des maîtres, et voilà d’emblée pourquoi il se classe parmi les plus grands.» Un autre, Charles Joly, évoquait dans Le Figaro « la sûreté et la majestueuse simplicité de son art, d’où semble exclue toute difficulté d’exécution », soulignant « sa culture vraiment prodigieuse, [qui] lui permet de jouer indistinctement de mémoire […] non seulement tous les maîtres de la littérature du piano classique et moderne, mais les symphonies de Haydn, Mozart, Beethoven, Schumann et Brahms, les poèmes symphoniques de Richard Strauss, les drames lyriques de Wagner ». Au moment où furent écrits ces commentaires, Rubinstein n’avait pas encore dix-huit ans, et le XXe siècle n’avait pas encore cinq ans.     D’après son propre témoignage, il était enclin dans sa jeunesse à une certaine témérité (qu’il se donna ensuite beaucoup de mal à réprimer), mais de manière générale, sa formation de pianiste et d’artiste avait atteint la perfection dès son plus jeune âge, et la description de Lalo reste vraie pour l’ensemble de la longue carrière du pianiste (né en 1887, il se retira dans sa quatre-vingt-dixième année). Il se trouve que le Concerto en sol mineur de Saint-Saëns était déjà à son répertoire quand Lalo écrivit ces lignes. Saint-Saëns lui-même l’entendit le jouer et s’en déclara ravi.« Le Saint-Saëns était une nouveauté bienvenue, dit Rubinstein, et je l’ai attaqué avec beaucoup d’énergie – et je dois reconnaître que pendant de longues années il m’a servi de cheval de bataille de premier rang ! Il a tout – panache et élégance, virtuosité éblouissante et caractère ; c’est de la bonne musique aussi, même si elle n’évite pas une certaine banalité. Mais je suis convaincu qu’un interprète de talent peut ennoblir tout morceau qu’il joue, s’il est un recréateur et non seulement un exécutant. » (Quelle conversation n’aurait-il pu avoir avec Alfred Brendel, qui affirmait catégoriquement : « On ne peut jouer une œuvre mieux qu’elle n’est » !)    On a souvent qualifié Rubinstein de romantique. Ce n’est sans doute pas surprenant pour un homme né en 1887, mais on se réfère en général plus à ses déclarations (comme ci-dessus) qu’à son jeu. Dans les premières années de sa carrière, beaucoup jugeaient Rubinstein excessivement sévère, en particulier dans Chopin. C’était cependant le fait d’auditeurs habitués à Paderewski – un vrai romantique (dénigré par Rubinstein), dont les distorsions interprétatives provoquent aujourd’hui encore des tollés.     Avec son allusion à « la sûreté et la majestueuse simplicité de son art », Charles Joly met le doigt sur l’une des choses qui, depuis toujours, rendent difficile l’analyse de son jeu (la plupart des commentaires tendent à se concentrer sur l’homme, ou à se réfugier dans l’entière subjectivité pour caractériser ses interprétations). Le simple naturel de son jeu, et la franchise de sa musicalité, malgré son indubitable subtilité, le rendent vraiment inimitable. Il n’y a pas de singularités auxquelles s’accrocher, pas d’insistance didactique, comme chez Schnabel, Arrau et Cortot, pas de jeu narcissique pour la galerie, à la Horowitz, pas d’hypertension rythmique à la Serkin. Même sa simplicité, qui n’est nullement ascétique, est inimitable – et ne peut s’expliquer musicalement que par l’analyse la plus méticuleuse. En tant que musicien, Rubinstein ne se prêtait pas à la caricature. Que ce soit ici dans Beethoven, Saint-Saëns, Chopin ou Villa-Lobos – peut-être plus particulièrement dans Saint-Saëns et Chopin –, toujours on reconnaît la sonorité particulière de Rubinstein. Aucun autre pianiste n’a jamais approché cette combinaison de plénitude énergique (même dans le pianissimo) et d’individualité. Elle lui est aussi personnelle que sa voix parlée. Cela pourrait dévoiler en partie le secret de sa communication. Sa façon de « chanter » une phrase en une seule longue courbe continue est non moins caractéristique, autant que sa manière d’en combiner plusieurs en périodes épiques tout en respectant leur intégrité et leur élan propre. Si l’on additionne toutes ces particularités, on comprend exactement ce que voulait dire Lalo : « Il voit et il joue large. » Dans le même temps, poursuivait le critique, « il ne se perd pas dans les détails où les autres se complaisent », mais il ne les néglige pas non plus (sauf, peut-être, très occasionnellement, dans cette interprétation du Beethoven). Les exemples abondent tout au long du Saint-Saëns, et plus encore dans le Chopin – notamment dans l’étude, qui met également en évidence le rubato unique de Rubinstein, d’une intelligence scrupuleuse. Tout englober, concilier de manière presque infaillible la diversité et un équilibre parfait, voilà qui définit sans doute le mieux une interprétation de Rubinstein. Il y a peut-être eu des pianistes qui jouaient plus fort, mais il n’y en a jamais eu de « plus grand ». Sa vision épique ne se confinait pas non plus à son jeu.     Comme on peut l’attendre d’un pianiste normal, les deux concertos présentés ici furent enregistrés lors de concerts différents (à une décennie d’intervalle, en l’occurrence). Mais Rubinstein n’était pas un pianiste ordinaire, et il joua à plusieurs reprises les deux œuvres en un seul concert, séparées même en une occasion par le gargantuesque Concerto en si bémol de Brahms. Il est vrai que les gestes grandioses ne lui étaient pas étrangers, le plus souvent faits pour aider une bonne cause ; mais une fois au piano il ne se donnait pas en spectacle. Vers la fin de sa vie, il avoua : « Je ne pense pas être un homme très gentil [beaucoup ne seraient pas d’accord], mais en musique mon intégrité est absolue » – ou quelque chose de ce genre. Cette intégrité nourrit chaque note de la présente anthologie, comme elle a nourri sa vie.

Jeremy Siepmann
Traduction Dennis Collins
© BBC Legends / Medici Arts 2007 – Reproduction interdite

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