Antonin Dvorak - Johannes Brahms Musique concertante
Note des internautes :
1 2 3 4 5
Paru le 17 septembre 2004 chez BBC
Artiste principal : Pierre Fournier
Genre : Classique
Plus d'informations
Disponible en
En savoir plus
Qualité Studio Masters (24 bits)
Qualité CD (Lossless 16 bits 44,1 kHz)
 Afficher tous les interprètes
ALBUM : 1 disque - 6 pistes - Durée totale : 00:54:37
Les pistes écoutées dans le lecteur intégré sont en Qualité Standard (320 kbps).
  1. 1 Cello Concerto in B minor, Op. 104, B. 191: I. Allegro , Contributor - Colin Davis, Conductor - BBC Symphony Orchestra, Orchestra
  2. 2 Cello Concerto in B minor, Op. 104, B. 191: II. Adagio ma non troppo , Contributor - Colin Davis, Conductor - BBC Symphony Orchestra, Orchestra
  3. 3 Cello Concerto in B minor, Op. 104, B. 191: III. Finale: Allegro moderato , Contributor - Colin Davis, Conductor - BBC Symphony Orchestra, Orchestra
  4. 4 Double Concerto for Violin and Cello in A minor, Op. 102: I. Allegro , Contributor - Pierre Fournier, cello - Malcolm Sargent, Conductor - BBC Symphony Orchestra, Orchestra
  5. 5 Double Concerto for Violin and Cello in A minor, Op. 102: II. Andante , Contributor - Malcolm Sargent, Conductor - BBC Symphony Orchestra, Orchestra - Pierre Fournier, cello
  6. 6 Double Concerto for Violin and Cello in A minor, Op. 102: III. Vivace ma non troppo , Contributor - Malcolm Sargent, Conductor - BBC Symphony Orchestra, Orchestra - Pierre Fournier, cello

À propos

Dvorak : Concerto pour violoncelle (BBC Symphony Orchestra, dir. Colin Davis) - Brahms : Double concerto (Zino Francescatti, violon - Pierre Fournier, violoncelle - BBC Symphony Orchestra, dir. Sir Malcolm Sargent) (Enr. 1955-1970)
Note des internautes : 1 2 3 4 5
Détails de l'enregistrement original : 72:49 - ADD mono & stéréo - Enregistré au Royal Festival Hall à Londres le 14 mars 1973 (Dvorak) et le 30 août 1955 à Usher Hall, Festival d'Edimbourg (Brahms) - Notes en français, anglais, allemand
Ce produit est autorisé à la vente dans votre pays. Ce produit n'est pas autorisé à la vente dans votre pays.
Anton Dvorak (1841-1904)
Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur, op. 104 *

Johannes Brahms (1833-1897)
Concerto pour violon, violoncelle & orchestre en la mineur, op. 102 ** Zino Francescatti (1902-1991), violon
Pierre Fournier (1906-1986), violoncelle
BBC Symphony Orchestra
* Direction Sir Colin Davis
** Direction Sir Malcolm Sargent (1895-1967)
René Charles Francescatti, dit Zino (1902-1991) n’était pas italien, comme on pourrait l’imaginer, mais marseillais. Lui et Pierre Léon Marie Fournier (1906-1986) firent leurs débuts vers les années 1925, mais se tournèrent bien vite vers l’Angleterre : Ravel y emmena Francescatti en tournée en 1926. Les destinées des deux solistes se croisèrent en 1955 au Festival d’Edimbourg : c’est le témoignage de cette première rencontre que l’on entendra ici.
    À la baguette, Malcolm Sargent, un accompagnateur sur lequel on pouvait se reposer en paix, permettant à Francescatti et à Fournier un jeu magnifique et d’innombrables petits clins d’œil et d’échanges dont ils savaient que le chef les comprendrait et les suivrait.
    Enregistrement plus récent, celui du Dvorak avec Colin Davis au pupitre. Fournier met quelques mesures à s’enflammer, mais quand c’est parti, c’est vraiment parti et il sait ensuite embrayer et dérouler l’ouvrage en toute beauté. Des trois enregistrements qu’il fit, on ne retiendra que celui réalisé en mono avec Kubelik, la seconde collaboration avec le même chef puis une tentative avec Szell n’ayant rien donné de convaincant. Cette version supplante aisément les trois autres, comme “la grande” de Fournier.
Deux éminents brahmsiens françaisTully Potter
    « Aimez-vous Brahms ? » : la question semblait judicieuse lorsque le roman de Françoise Sagan sortit à la fin des années cinquante. Que pouvaient bien chercher les Français, avec leur éternel souci de légèreté et de clarté, chez le vieux Brahms, cet Allemand du Nord barbu et bourru ? Le compositeur lui-même voyait les choses différemment : « Il faut des Français pour jouer correctement ma musique. Les Allemands la jouent tous bien trop lourdement », dit-il au Quatuor Geloso lorsque celui-ci joua pour lui lors d’une visite à Vienne. Le message ne fut pas perdu pour le jeune altiste du groupe, Pierre Monteux, qui, à sa maturité, devint l’un des grands chefs brahmsiens. Et lorsqu’on songe aux grands brahmsiens parmi la confrérie des cordes, les noms de Ginette Neveu, Paul Tortelier et André Navarra viennent à l’esprit.

    Le tout premier enregistrement du Double Concerto fut réalisé par Jacques Thibaud et Pablo Casals (catalan, mais partiellement français de formation), sous la direction d’Alfred Cortot. Un enregistrement beaucoup plus tardif réunissait les solistes que l’on retrouve ici, Zino Francescatti et Pierre Fournier. Ils étaient parmi les plus éminents brahmsiens : Francescatti était un grand interprète du Concerto pour violon et des sonates pour violon (avec son ami Robert Casadesus) ; Fournier, un éloquent avocat du Double Concerto (il en laissa un autre enregistrement avec David Oïstrakh), des trios avec piano et des sonates pour violoncelle.

    Les deux hommes étaient très différents par leurs origines et leur formation musicale.

    René-Charles Francescatti était un homme du Midi, né à Marseille le 9 août 1902, fils de deux violonistes. Fortunato, son père, était italien ; il avait étudié avec Antonio Bazzini et Camillo Sivori, le seul élève de Paganini. Sa mère était française : Ernesta Féraud supervisait son travail quotidien tandis que Fortunato veillait à son développement artistique – il commença le violon à l’âge de cinq ans et eut ses parents pour seuls professeurs.
    Il jouait le Concerto de Beethoven à dix ans et faisait à quinze ans ses débuts à Marseille ; mais ses parents le persuadèrent d’étudier le droit, et c’est seulement à la mort soudaine de son père qu’il se consacra pleinement à la musique. Il s’établit à Paris à l’âge de vingt ans et fit ses débuts londoniens dans le Concerto de Mendelssohn deux ans plus tard. Il joua le Concerto de Beethoven à l’Opéra en 1925 et effectua l’année suivante une tournée en Grande-Bretagne avec Maurice Ravel. Il enseigna à l’École Normale à partir de 1927, dirigea des orchestres, épousa une violoniste en 1930, voyagea beaucoup à partir de 1931 ; il était un soliste de premier rang au moment où il se produisit à Buenos Aires (1938) et à New York (1939). Il s’établit dans le Massachusetts, devenant citoyen des États-Unis ; mais à soixante-treize ans il revint en France avec son épouse Yolande pour vivre près de sa ville natale, La Ciotat, où il mourut le 17 septembre 1991.

    Pierre Léon Marie Fournier, dont Colette disait qu’il chantait mieux que tout ce qui chante, est né à Paris le 24 juin 1906, dans une famille patricienne ; son père Gaston était un officier distingué, sa mère Gabrielle, pianiste, et son frère cadet Jean, violoniste (on se souvient surtout du trio qu’il forma avec Paul Badura-Skoda et Antonio Janigro). Pierre apprit le piano avec sa mère, mais une attaque de polio le laissa avec une sévère boiterie. Il passa alors au violoncelle. À l’âge de neuf ans, il commença à prendre des cours avec Odette Krettly – il avait également une pratique courante de la musique avec sa sœur pianiste et son frère violoniste. Il étudia avec Paul Bazelaire et André Hekking au Conservatoire de Paris, où il remporta le premier prix en 1923 et gagna beaucoup à travailler avec deux grands chambristes, Camille Chevillard et Lucien Capet. Il joua dans les théâtres, les casinos et les cinémas et donna quelques récitals avec Jeanine Krettly, puis rejoignit le quatuor de Robert Krettly, donnant des concerts avec Clara Haskil et participant à la deuxième exécution du Quatuor de Fauré. Il remplaça également Hekking pour la création des Chansons madécasses de Ravel.
    Fournier fit ses débuts avec l’Orchestre Colonne en 1925, quittant le quatuor en 1927. Il joua pour la première fois à Londres en décembre 1934, donnant un récital au Wigmore Hall ; et quelques mois plus tard il présenta un autre programme à l’Aeolian Hall. Il créa le Concerto de Roussel en 1937 et donna en 1939 la première exécution de deux œuvres que Martinu lui avait dédiées : la Première Sonate (avec Rudolf Firkusny) et la deuxième version du Premier Concerto. Il enseigna à l’École normale de 1937 à 1939, puis au Conservatoire de 1941 à 1949. En 1943, il prit la succession de Pablo Casals dans le trio avec Cortot et Thibaud. À partir de 1946, il fut régulièrement l’hôte de la Grande-Bretagne, et, en 1947, il joua le Concerto de Dvorák au Printemps de Prague avec la Philharmonie tchèque sous la direction de Rafael Kubelik. Cette même année, au premier Festival d’Édimbourg, il joua de la musique de chambre de Beethoven, Brahms, Mendelssohn et Schubert avec Artur Schnabel, Joseph Szigeti et William Primrose. Au début de 1948, Fournier donna la création du Concerto de Schoeck, avant de faire sa première tournée en Amérique. Francis Poulenc lui dédia une Sonate que les deux hommes créèrent à Paris en mai 1949, la jouant ensuite à Londres le mois suivant. En novembre 1949, Fournier fit ses débuts à Carnegie Hall avec le New York Philharmonic-Symphony sous la direction de Stokowski.
    Tout au long des années cinquante et soixante, il eut une carrière internationale active : il forma un duo avec Wilhelm Kempff, qui s’agrandit ensuite en trio avec Henryk Szeryng ; il fit pour la première fois une tournée au Japon en 1954 ; il se rendit en Afrique du Sud en 1955 et, la même année, joua des trios au Festival d’Édimbourg avec Francescatti et Solomon ; il visita l’Union soviétique en 1959 ; et il créa des concertos de Martinon (1965) et Martin (1967) ; mais à partir de 1970 il passa plus de temps chez lui à Genève (où il s’était établi en 1956). Il y mourut le 8 janvier 1986.

    Le Double Concerto de Brahms présenté ici fut enregistré par la BBC au Festival d’Édimbourg, l’année où les deux Français jouèrent des trios avec Solomon. La baguette était tenue par Sir Malcolm Sargent, figure impeccable et accompagnateur très sûr. Les deux solistes nous réservent de délicieux échanges dans les deux premiers mouvements, et il est merveilleux d’entendre la manière légère et bondissante dont, avec Sargent, ils traitent le finale, qui peut être d’une lourdeur mortelle entre de mauvaises mains (Wilhelm Furtwängler et Leonard Bernstein sont parmi les chefs qui s’y sont fourvoyés).

    Beaucoup d’auditeurs seront encore plus attirés par le plus beau de tous les concertos pour violoncelle, celui d’Antonín Dvorák. Fournier en signa trois versions discographiques, mais seule la première – un disque mono avec Kubelik et le Philharmonia, qui sonne presque comme une musique de chambre – est vraiment réussi. Le deuxième disque avec Kubelik est décevant, et le dernier, avec George Szell, pâtit de la lourdeur du Philharmonique de Berlin.
    Cette interprétation live du 14 Mars 1973 trouve le violoncelliste encore au sommet de son art. Comme beaucoup de non-Tchèques, Colin Davis est un peu nonchalant dans le rythme tout au début ; et le grand solo de cor est un peu flou. Mais le chef et l’orchestre s’enflamment bientôt et, somme toute, ce sont les partenaires discographiques de Fournier les plus positifs dans cette œuvre. L’enregistrement sur le vif permet à Fournier de développer son phrasé de cette manière qui lui est propre – et une fois encore le finale est une véritable leçon pour les aspirants violoncellistes. La publication de cet enregistrement pour le centenaire de la mort du compositeur tombe à point nommé.

Tully Potter
Traduction Dennis Collins
© IMG Artists / BBC Legends 2004 – Reproduction interdite

À découvrir

Dans la même thématique

L'artiste principal

Pierre Fournier dans le magazine
  • Pierre le Grand
    Pierre le Grand Accompagné par l’orchestre de l’ORTF dirigé par Jean Martinon, Pierre Fournier joue le Concerto pour violoncelle de Schumann. Ecoutez-le chanter…

Le label

BBC
Né de l'association de la BBC et de IMG Artists à travers la vision de Stephen Wright, la collection BBC Legends depuis trois ans révèle les archives inouïes de la BBC aux discophiles du monde entier. Richter, Janet Baker, Horenstein, Barbirolli, Cherkassky, Michelangeli... les plus grands artist...

Le genre

Classique dans le magazine
  • Reine éternelle
    Reine éternelle La grande Alicia de Larrocha aurait eu 90 ans aujourd’hui…
  • Henri Dutilleux est mort
    Henri Dutilleux est mort Figure majeure de la musique du XXe siècle et auteur d’une superbe œuvre restreinte, essentiellement orchestrale, le compositeur Henri Dutilleux s’est éteint à l’âge de 97 ans.

Actualités