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iFi Audio Retro 50 : pas de Querelle des Anciens et des Modernes pour cette mini chaîne couronnée d'un Qobuzissime !

Avec son modèle Retro 50 la marque anglaise iFi Audio fait dans le luxe vintage en présentant un système mariant la haute technicité numérique de son DAC avec un étage phono disposant de réglages très très peu courants et une amplification à tubes. Une petite chaîne de haut de gamme néo-rétro qui nous a épaté au point de lui décerner un Qobuzissime.

Par Philippe Daussin | Bancs d'essai | 25 septembre 2015
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Qobuz

Nous connaissions les DAC portables avec amplificateur pour casque de la marque anglaise iFi Audio et les deux modèles que nous avions eu l'occasion de tester, le iDSD Nano et le micro iDSD, s'en étaient sortis avec les plus grands honneurs puisque tous deux s'étaient vus récompenser par un Qobuzissime.

A n'en pas douter victime de la rétromania, iFi Audio, qui avait habitué son monde à des appareils hyper branchés avec des capacités de décodage pas possibles, a créé récemment la surprise en présentant un très joli ensemble au look vintage, composé d'un amplificateur avec DAC accompagné de ses deux enceintes, et très justement baptisé Retro 50.

Rétro d'aspect, certes, mais l'unité centrale, baptisée Stereo 50, est un concentré de technologie dernier cri puisqu'elle intègre un DAC compatible avec les signaux audio numérique PCM jusque 32 bits à 384 kHz et DSD jusqu'à 24,6 MHz (DSD octuple), et elle fait aussi appel aux tubes pour l'amplification et possède un préampli phono prêt à faire face à toutes les situations, mais le mieux est de découvrir les dessous de la chose qui a beaucoup à dévoiler.


Présentation

Look rétro très réussi, luxueux avec une superbe façade en aluminium brossé anodisé or garnie de quatre gros boutons et d'interrupteurs à bascule, et un habillage en bois pour l'unité centrale Stereo 50 du système iFi Audio Retro 50, le tout contrastant quelque peu avec les autres réalisations de la marque dont l'aspect est résolument moderne.


Rétro oblige, les deux boutons situés dans la partie gauche de la façade permettant de régler le niveau de grave et celui d'aigu. Ensuite viennent une série d'interrupteurs à bascule, eux aussi dans le style ancien.

Le premier, repéré Direct Input, permet au signal de contourner tous les réglages afin de préserver sa pureté jusqu'à l'entrée de l'amplificateur. Le second met en service le 3D HolographicSound® system, celui-ci pouvant être choisi en fonction des enceintes utilisées, la position extrême convenant aux petites enceintes placées de part et d'autre d'un moniteur d'ordinateur. Ce système 3D fonctionne également en écoute au casque mais ses corrections sont spécifiques à ce mode de restitution sonore.

L'interrupteur suivant permet d'activer le renforcement du grave et dispose de deux paliers, tandis que le dernier interrupteur sert de sélecteur de source numérique conjointement avec le bouton Input auprès duquel il se trouve, et ceci lorsque son index se trouve face à cet interrupteur. Entre les deux, une petite flèche indiquera, selon sa couleur, la fréquence d'échantillonnage des signaux audio numérique. Les trois autres positions du sélecteur rotatif correspondent, pour les positions 1 et 2, aux deux entrées analogiques linéaires, tandis que la dernière, marquée Phono, correspond à l'une des entrées disponibles en face arrière pour ce type de source qui bénéficie d'un traitement de choix par le Stereo 50.

En effet, en plus des adaptations que l'on peut sélectionner en face arrière (voir description dans le paragraphe Connectique), cette entrée phono peut s'adapter à des corrections spécifiques comme il en a existé un certain nombre avant que la correction phono ne soit fixée par la Recording Industry Association of America, ou RIAA.

Le gros bouton de volume situé à droite est motorisé et il surplombe une prise casque au standard Jack 6,35 mm réservé aux casques de sensibilité normale, le constructeur ayant prévu une prise au standard Jack 3,5 mm pour les casques et écouteurs intra auriculaires présentant une sensibilité élevée.

Une autre prise Jack 3,5 mm permet de brancher une source, comme un baladeur, en façade, et l'interrupteur de mise sous tension prend place dans la partie inférieure gauche de la façade.

Connectique

On ne peut s'appeler Retro 50 sans proposer d'entrées pour platine vinyle aussi trouve-t-on deux entrées de ce type parmi la connectique de cet ensemble.

La première est exclusivement destinée à une cellule à bobine mobile, délivrant par nature un faible niveau de tension aussi iFi Audio l'a-t-il baptisée MC Low. La seconde, adaptée à une cellule à haut niveau de sortie de type aimant mobile (MM : Moving Magnet) peut aussi être configurée en entrée ligne avec un gain de 6 dB en positionnant le commutateur situé sur la gauche des entrées sur Line 3 (+6dB), ce dernier permettant également d'adapter l'entrée MC à une cellule de ce type dont le niveau de sortie serait plus élevé que la moyenne (MC High).


Deux entrées linéaires sont également présentes pour brancher tout autre source autre qu'une platine phono. A leurs côtés, les deux entrées numériques S/PDIF, coaxiale et optique (la présence de signal sur cette dernière étant automatiquement détectée lorsque le sélecteur d'entrée est sur Coaxial/Optical), et l'entrée USB compatible avec les signaux PCM jusque 32 bits à 384 kHz et les signaux DSD jusqu'à l'octuple DSD. Les borniers pour les enceintes sont protégés et peuvent accepter des fiches banane comme du fil dénudé. On remarque aussi une abondante littérature à proximité de l'embase secteur.

Réalisation

L'équipement électronique de l'unité Stereo 50 prend place dans un châssis métallique fermé par la face avant et la face arrière et qui vient se glisser dans un habillage en bambou du plus bel effet mais recouvert d'un vernis faisant un peu perdre de son authenticité à l'essence.


Sur cette vue de l'ensemble de l'électronique on peut voir les deux transformateurs de sortie qui vont communiquer aux enceintes les signaux amplifiés par les tubes en isolant ainsi les haut-parleurs de toute tension continue (élevée dans le cas d'amplificateurs à tubes) et en adaptant l'impédance de sortie à celle des enceintes afin de procéder à un transfert en puissance où l'impédance de la source et celle du récepteur doivent être égales pour que ce transfert soit optimal.


Cette autre vue permet de découvrir l'alimentation qui est de type à découpage ainsi que la carte numérique, montée sur colonnettes au-dessus des entrées analogiques et en liaison avec la carte principale via une barrette rigide enfichable à multiples contacts.


Sur la face supérieure de la carte numérique se trouvent les diverses interfaces numériques, l'horloge de précision Femto du constructeur, un processeur de signal et le circuit de conversion numérique analogique. Toutes les fonctions sont clairement délimitées et repérées sur cette carte et une abondante sérigraphie dorée rappelle toutes ses possibilités.


L'interface USB est montée sur une petite carte enfichable, à la manière des DAC mobiles de la marque, et fait appel à un processeur XMOS 8U compatible avec les signaux PCM jusque 32 bits à 384 kHz et DSD. A ses côtés, on peut voir le transformateur d'adaptation d'impédance et d'isolement de l'entrée S/PDIF coaxiale.

Puis viennent l'horloge de précision Femto chargée de contribuer à un taux de jitter extrêmement faible et le processeur de signal qui se charge des effets de spatialisation et intègre également très probablement des filtres numériques afin d'assurer la compatibilité de la puce de conversion numérique analogique (en l'occurrence un DSD1793 fabriqué par Burr-Brown Japan) avec les fichiers échantillonnés au-delà de 192 kHz, le filtre numérique intégré à cette puce étant alors désactivé. Le marquage des circuits intégrés utilisés a été effacé par le constructeur pour des raisons de secret industriel.


Sur l'autre face se trouve le circuit de réception Bluetooth d'origine CSR et compatible aptX ainsi que le micro contrôleur de gestion fabriqué par Freescale.

Le préamplificateur phono fait appel, pour la correction RIAA, à un amplificateur opérationnel double à faible bruit NJM2068 fabriqué par JRC (New Japan Radio Company) et on remarque des étages transistorisés destinés à procurer un gain plus élevé en cas d'utilisation d'une cellule à bobine mobile, les transistors étant préférables dans cet usage aux amplificateurs opérationnels car générant moins de bruit.


Les tubes utilisés dans l'amplification sont des modèles EL84X pour les étages de puissance et sont précédés par un étage à ECF82.


L'autre face du circuit comprend de nombreux composants discrets à montage en surface participant à l'amplification et aussi ceux dédiés à l'amplificateur pour casque (visible en haut à droite).


Les enceintes

Les enceintes LS3.5 qui équipent cette chaîne Retro rappelleront des souvenirs aux vétérans de la Hi-Fi puisqu'elles sont directement inspirées par les célèbres enceintes compactes anglaises LS3/5A mises au point par la BBC au milieu des années 70 et qui connurent un immense succès et virent leur production perdurer jusqu'au début des années 2000.


Ce sont donc des enceintes très compactes (et jolies) équipées d'un haut-parleur grave-médium de 11 cm de diamètre à membrane en cellulose et doté d'un aimant en ferrite de 9 cm de diamètre, ainsi que d'un tweeter à dôme en soie de 30 mm de diamètre. Ces haut-parleurs ont été développés spécifiquement par iFi Audio pour ces enceintes et ne sont utilisés par aucune autre réalisation.


L'ébénisterie de ces enceintes est réalisée en bambou, ce qui permet d'obtenir un coffret à la fois rigide et beaucoup plus léger qu'avec les matériaux traditionnellement employés.

Le haut-parleur de grave est chargé par une ligne de transmission (l'équivalent d'un long tuyau placé à l'arrière du haut-parleur) qui permet d'obtenir de meilleurs résultats dans le grave qu'une charge bass-reflex (en particulier sur les impacts) et qui scinde le volume interne de l'enceinte en deux chambres de volumes inégaux possédant donc des fréquences de résonance différentes.

Ecoute

Elles ne sont pas bien grosses les enceintes LS3.5, mais dès les premières notes de l'album Vespri per l'Assunzione di Maria Vergine de Vivaldi par Rinaldo Alessandrini dirigeant le Concerto Italiano elles distillent une restitution sonore tout en finesse et délicatesse, certes avec des graves un peu discrets mais avec une image sonore qui se déploie sans peine et sans que l'on ait besoin de taquiner le volume ni d'actionner quelque correction. C'est rassurant.

On note également une bonne franchise des attaques sur les cordes qui montent bien dans l'aigu, sans dureté mais avec une pointe de coquetterie flatteuse qui se manifeste également sur les voix féminines.

Sur cette ?uvre, l'action du système 3D se traduit, lorsqu'on pousse celui-ci au maximum par une image sonore qui s'étend largement au-delà des enceintes, et nous devons dire que ce n'est pas mal du tout, et plus encore quand le XBass est mis au maximum, la restitution gagnant alors indéniablement en consistance.

Avec le titre The Sun Is Gonna Rise Again de l'album Where I Belong de Chris Cab, la restitution est pleine de punch et (très) lumineuse tandis que les graves qui percutent de manière fort convaincante en mode Direct Input peuvent être renforcés efficacement par le bouton de grave en conjugaison avec le XBass tout en conservant une restitution bien définie, en particulier sur les voix.

En usant encore d'un peu de correction dans le grave, le tonitruant Dans le Hall du Roi de la Montagne extrait de Peer Gynt de Grieg par Jeffrey Tate conduisant le Berliner Philharmoniker nous offre au travers des LS3.5 un spectacle ne manquant pas d'impact où la grosse caisse et les timbales, sans être terrassantes, ne jouent pas les absentes.

A l'écoute, en liaison Bluetooth aptX, du titre Dangerous de l'album Listen de David Guetta, la restitution fait preuve d'un bon punch et ne peine aucunement à délivrer des décibels. Mais, c'est après mise en service du XBass et en augmentant un peu les basses que nous avons quand même été un peu bluffé par le rendu du grave offrant à la fois du niveau et de l'impact, ce qui n'est pas évident à obtenir avec une petite enceinte.

En écoute au casque, avec ce même titre Dangerous et toujours en liaison Bluetooth aptX, on s'éclate véritablement, et l'action du 3D, du XBass ajoute encore au plaisir d'une restitution diablement enjouée et aérée, qui cogne fort dans le grave et sans embrouille. Ca met de bonne humeur.

Avec l'extrait du Clavier bien Tempéré de Jean-Sébastien Bach en DSD (fichier de test Cybele Records), et en restant en écoute sans correction aucune, la restitution sonore offre une excellente définition et de l'aération et le piano Steinway D joué par Thomas Günther sonne avec un beau volume.

En conclusion, ce système iFi Audio Retro 50 marie avec bonheur les technologies numériques modernes, un étage phono très complet pour les amoureux du vynile, et l'amplification à tubes, le tout sous une présentation délicieusement vintage. Grâce à des corrections et des effets sonores efficaces et ses petites enceintes LS3.5 de qualité, ce système procure une restitution sonore diablement enthousiasmante et nous avons décidé de lui attribuer notre récompense Qobuzissime.

Spécifications
Stereo 50 User's Manual
Site iFi Audio
Site Elite Diffusion (importateur)
Contact

Capacités de lecture

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