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Un Adagio avec lequel on ne va pourtant pas se Barber

Comment le deuxième mouvement du seul et unique quatuor à cordes de Samuel Barber est-il devenu l'un des tubes les plus célèbres de la planète, archiconnu même du moins mélomanes des moins mélomanes ? En devenant L'Adagio de Barber et, à ce titre, accompagnant les funérailles de Roosevelt, Kennedy, Einstein et Amélie Poulain...

Par symphoman | Les éditos | 10 septembre 2013
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11 septembre, triste anniversaire... L'Adagio de Barber est sans doute l'?uvre qui fut la plus entendue sur les ondes planétaires pour musicalement "illustrer", à défaut d'autre terme, cette catastrophe... Lorsqu'il achève son premier et unique Quatuor à cordes en 1936 au cours de vacances européennes avec son 'tit copain Giancarlo Menotti, Samuel Barber ne se doute pas qu'il va devenir célèbre grâce au deuxième mouvement. Après tout, le format du quatuor à cordes, surtout dans le répertoire du XXe siècle, reste un monde confidentiel, quasiment ésotérique, auquel on confie ses pensées les plus personnelles dans un langage soigneusement épuré. Les quatuors de Bartok, Carter, Hindemith, Cage, Britten, Prokofiev, Honegger, Milhaud ou Dutilleux sont certes des merveilles d'écriture et de concision, mais destinés plutôt aux grands amateurs de musique. Mais Barber...

Cela dit, il se peut que bien des auditeurs lambda qui connaissent parfaitement "L'Adagio de Barber" ignorent qu'il s'agit du deuxième mouvement de son quatuor, adapté par le compositeur lui-même pour orchestre à cordes puis pour ch?ur (sous forme d'Agnus Dei), et ainsi devenu un morceau de concert indépendant. C'est à ce titre que l'Adagio a servi maintes fois pour des funérailles de célébrités (Einstein, Grace Kelly...), pour sous-tendre de noir des événements dramatiques (cf. 11 septembre) ou pour l'annonce radiophonique de la mort de tant de dignitaires : Roosevelt (on jouait de la musique contemporaine aux cérémonies nationales ! jouera-t-on du Boulez pour les funérailles du prochain grand ponte politico-français ?), Kennedy, Diana Spencer (dite Ladi Di). Il sert même à accompagner la nécrologie farceusement larmoyante d'Amélie Poulain : c'est dire que, dans l'oreille de tout un chacun y compris le moins mélomane, cette musique ne peut qu'évoquer des sentiments d'une abyssale tristesse ou, au moins, d'un profond recueillement.

Samuel Barber, DR

Du côté des diverses interprétations, chacun semble y aller de sa larme très personnelle. Nous vous suggérons quand même d'écouter Toscanini qui, contrairement à ce que l'on pourrait s'imaginer, est loin d'être le plus rapide puisqu'il fait durer le plaisir pendant 7:15 ; (Stokowski le coiffe allègrement sur le poteau avec 6:30. La palme de l'ampleur revient probablement à Celibidache qui, dans une sonorité certes somptueuse, s'étend pendant 9:30, de sorte qu'il en fait presque le Largo de Barber - et sans doute s'en trouve-t-il d'encore plus lent. Par ailleurs, nous enjoignons sérieusement l'auditeur à ne pas se limiter au seul Adagio, mais aussi à découvrir les premier et troisième mouvements du Quatuor de Barber, une bien belle chose dont le deuxième mouvement est certes le couronnement, mais pas le seul moment de génie.

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