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Frankie Knuckles est mort

Inventeur de la house music et DJ hors pair, l'Américain Frankie Knuckels est mort à l’âge de 59 ans.

Par Max Dembo | Chers disparus | 1 avril 2014
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Frankie Knuckles est mort le 31 mars 2014 emporté par un diabète développé au début des années 2000. Il avait 59 ans. Difficile de dire qui a inventé le rock, le blues ou le jazz, mais sans Frankie Knuckles, la house music n’existerait sans doute pas ! Peut-être l’un des producteurs les plus productifs du genre durant les années 80 et 90, ce natif du Bronx restera comme l’un des DJ les plus importants et influents de l’histoire des platines. Dans l’antre de ses clubs de Chicago, le Waterhouse entre 1977 et 1982 et Power Plant de 1983 à 1985, ses sets marathons embrasaient un nombre incommensurable de styles, du disco au post-punk, en passant par le R&B ou l’Eurodisco…

Né Francis Nicholls à New York le 8 janvier 1955, il se fait l’ouïe en fréquentant, avec son ami Larry Philpot, quelques-unes des Mecque du disco naissant : Loft, Sanctuary, Better Days et Tamburlaine. Au milieu des années 70, Knuckles et Philpot (qui se fait désormais appeler Levan) commencent à mixer. Le duo débute dans deux des plus légendaires clubs des débuts de l’ère disco : la Gallery et les Continental Baths.

En 1977, chacun lance sa propre crèmerie dans une ville différente : alors que Larry Levan (disparu en 1992) pilote le Paradise Garage dans Soho, Knuckles s’envole pour Chicago, où Robert Williams ouvre ce qui deviendra le Warehouse. C’est là que naitra le son et le style de Frankie Knuckles, mélange de classiques disco, d’obscures curiosités soul, de rock même, d’Eurodisco blindé de synthés et de tout un tas de raretés qui feront, à l’arrivée, un cocktail nommé House Music, contraction de Warehouse Music...

Alors que le grand public célèbre le disco grâce à l’avènement du film Saturday Night Fever, Knuckles s’oriente vers le rare et le moins convenu, mixant la musique de labels indépendants comme Salsoul ou des morceaux kitsch venus d’Italie. Il monte à sa sauce des bandes originales pour faire durer les grooves et enflammer le dancefloor sur des dizaines de minutes. Avec lui, point de Donna Summer mais du vrai R&B ! A Chicago, Knuckles est alors LA référence en matière de dance music. Sa popularité est telle que le Warehouse, à l’origine un club privé black exclusivement gay, commence à attirer un public hétéro, de plus en plus blanc. Mais la star quitte les lieux fin 1982 pour ouvrir Power Plant quelques mois plus tard…

Peu de temps après, un jeune DJ originaire de Detroit nommé Derrick May vend à Frankie Knuckles une boite à rythmes pour perfectionner ses mixes. C’est la naissance du son de Chicago, assemblage de beats et de couches de classiques disco. En 1985, Knuckles enregistre son premier disque avec une voix éthérée et un chanteur nommé Byron Walford alias Jamie Principle… L’année suivante, cette house dépasse largement les frontières de Chicago et s’étend jusqu’en l’Angleterre avec Love Can’t Turn Around de Farley "Jackmaster" Funk et Daryl Pandy ou le Jack Your Body de J.M. Silk en 1987.

En 1988, Frankie Knuckles rentre à New York et jette l’ancre dans divers clubs comme résident (World, Roxy, Sound Factory, Sound Factory Bar, etc.) et fait équipe avec Judy Weinstein et le DJ David Morales pour fonder Def Mix Productions. Knuckles et Morales ne se contentent alors pas de juste bidouiller des chansons originales mais entreprennent des travaux de fond, réenregistrant parfois les voix.

Son aura devient telle que les Luther Vandross, Whitney Houston, Depeche Mode et autres Michael Jackson viennent s’enquérir de ses recettes. Dans une récente interview, il avait déclaré que « tous les programmateurs avec lesquels j’ai travaillé étaient tous des musiciens ayant eu une formation classique. Je leur apprenais juste des manières différentes de travailler comme d’intégrer un piano à la Debussy sur ce beat, ou une ligne de basse sur cet autre rythme… »

Même s’il signait de récurrents DJ set, des problèmes de santé comme un certain intégrisme vis à vis de la house music le firent progressivement se mettre en retrait à partir des années 2000. En 2008, son pied droit est amputé suite à une infection contractée huit ans plus tôt après un accident de ski en Suisse et à une mauvaise évolution de son diabète. Diabète qui a eu raison de lui : Frankie Knuckles s’éteint à seulement 59 ans…





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