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5 questions à Hervé Niquet, directeur du Concert Spirituel

Du 25 au 31 août prochain, le festival Sinfonia en Périgord mettra la musique baroque à l'honneur dans le sud ouest de la France. A l'occasion de cette 24ème édition, le Concert Spirituel y entame une résidence de trois saisons. Qobuz a posé cinq questions à son directeur, Hervé Niquet.

Par Nicolas Gal | Actualité | 22 mai 2014
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Depuis 1990, année de sa première édition, Sinfonia en Périgord fait résonner la musique baroque dans des hauts lieux du patrimoine de la région. Pour cette 24ème édition, le festival invite une fois encore des ensembles de renommée internationale, au même titre que des jeunes talents. Sinfonia développe également des résidences, comme celle du Concert Spirituel qui débute cette année pour une durée de trois ans. Au programme de ce premier concert: Guerre et Paix au Grand Siècle. Un thème particulièrement évocateur, dont nous parle Hervé Niquet, directeur du Concert Spirituel, à qui Qobuz a posé cinq questions.

Vous démarrez, avec Le Concert Spirituel, une résidence de 3 ans au Festival Sinfonia, dans le Périgord. Il y a une forte connexion entre l’esprit du festival et du Concert Spirituel ?

Généralement, un bon festival est toujours celui qui est créé autour d'une relation entre le directeur artistique et les artistes. Entre David Theodorides et moi, il y a une sympathie depuis longtemps. Nous sommes très en phase quant à ce que doivent être la vie musicale ou un festival, ou encore le rapport avec le public. Donc il lui a semblé très facile d'inviter "un animal" comme moi dans son festival de façon récurrente. David Theodorides est curieux et pointu. Il connait Le Concert Spirituel depuis longtemps ; il nous a vu grandir, nous avons même grandit en même temps. A ses yeux, Le Concert Spirituel est plus qu'un ensemble : nous sommes des fabricants d'événements musicaux, de surprises, de découvertes. En tant que Directeur de Festival, c'est un atout pour un programmateur.

Le Périgord est chargé d’histoire. C’est une région qui se prête bien à l’esprit de redécouverte historique et musicologique de la musique baroque ?

En fait, cela m'importe peu. Le Périgord est l'endroit où j’ai passé toutes mes vacances d'enfance, à Montignac précisément. C'est la confiture de mûre jusqu'aux oreilles, les poêlées de ceps, la récolte du tabac ; c'est aller chercher les truffes avec les chiens du fermier. C'est pour moi un vrai bonheur de renouer avec ces racines-là !

Avoir une résidence permet de développer certains projets artistiques d’une manière différente, plus aboutie. Vous prévoyez quelque chose de spécial dans le cadre de cette collaboration avec le festival Sinfonia ?

Oui bien sûr ! Le festival fait confiance aux artistes que nous sommes ; et le public nous fait également confiance. Nous allons pouvoir proposer de temps à autre des œuvres que le public n'irait pas écouter si ce n'était pas dans un cadre un peu hors normes. Une relation de confiance s'est installée, grâce à David Theodorides, et permet des choix plus osés en terme de répertoire ou d'effectif. Des surprises sont les bienvenues pour interpeler le public : elles suscitent des envies de la part du directeur artistique et des musiciens qui savent que les concerts seront pleins et remplis de gourmandises.

Vous jouerez le 30 aout, dans le cadre du festival, un programme spécial intitulé « Guerre et paix au Grand Siècle », à l’occasion du centenaire de la première guerre mondiale. C’est un thème qui exige un engagement particulier de votre part et de la part des musiciens ?

Encore une fois : rappel historique c'est quand même quand on accole le mot paix au mot guerre que nous pouvons créer l'espoir. Il est vrai que, au vu de ce qui se passe actuellement en Ukraine, la guerre se passe à nos portes ; nous pouvons être pessimistes ! Nous, musiciens, avons la faiblesse de penser que la musique peut nous en éloigner. Que l'on soit en 2014 ou en 1684, il y avait la même angoisse de la violence, la même haine de la guerre, le même bonheur et la même joie à fêter la paix. C'est un rappel historico-musical

Pour un ensemble de musique ancienne, commémorer 14-18 est un défi ?

Non, c'est l'idée de participer à une réflexion globale. Nous n'allons pas jouer de musique du XXème siècle, mais suggérer ce qu'ont été les espoirs et l'horreur au XVIIème permet de mesurer de manière très vraisemblable la bêtise humaine.

Site officiel du festival

Site officiel du Concert Spirituel

Retrouvez le Concert Spirituel sur Qobuz

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